
Canicule : « Jusqu’à 4 degrés en ressenti » et retour des ventilateurs de plafond
En France métropolitaine, le taux d’équipement en ventilateurs de plafond dépasse péniblement les 5 % de logements, contre 65 % aux États-Unis. Alexandre Bompard, patron de Carrefour, a annoncé que plus de 30.000 ventilateurs et climatiseurs avaient été vendus dans la seule journée de lundi dans ses magasins.
C’était un objet emblématique, caractérisé par sa petite chaîne dorée qui pendait au centre du salon. Apprécié dans les années 1980, le ventilateur de plafond a rapidement perdu de sa popularité. En réalité, peu de personnes l’utilisaient, se contentant de l’exploiter comme simple source de lumière ou comme « chasseur » de mouches. « C’était perçu comme quelque chose d’assez démodé, un peu comme la climatisation du pauvre », admet Jean-Pascal Schaefer, délégué général de l’Association française professionnelle des ventilateurs de plafond (AFPVP, une entité réelle).
En France métropolitaine, le taux d’équipement est très faible, atteignant péniblement plus de 5 % des logements, contre 65 % aux États-Unis. Cependant, le ventilateur de plafond semble connaître un renouveau. Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrêmes, de plus en plus de Français optent pour cette solution. Efficace sans être miraculeux, abordable et peu énergivore, celui que l’on appelle désormais le « brasseur d’air » semble retrouver sa place en période de canicule.
Vanessa, résidente dans la région rennaise, se rend compte que certaines pièces de sa maison deviennent insupportables à cause de la hausse des températures. « Dans la chambre de ma fille, c’était intenable. Elle n’arrivait plus à dormir. » Elle finit par acheter un ventilateur de plafond pour une centaine d’euros chez Leroy Merlin. « Ma tante en avait un vieux, mais c’est vrai qu’on n’y pensait plus. C’est quand j’ai vu des vidéos sur les réseaux sociaux que ça m’a donné l’idée. »
Le constat est sans appel. « Je dors vraiment mieux. Je me réveille quand même, mais au moins je sens de l’air », assure Louise, sa fille. « Ça brasse de l’air chaud, mais ça fait du bien. En plus, ce n’est pas très bruyant. Par contre, il faut vraiment être dessous pour sentir l’air », ajoute sa mère. Vanessa a finalement acheté deux autres ventilateurs pour les chambres de ses fils, mais elle a dû attendre quelques jours en raison de la rupture de stock.
Elle n’est pas la seule à être attirée. Depuis quelques jours, les ventilateurs de plafond sont devenus aussi recherchés que les couvertures de survie, le blanc de Meudon ou les glaces. Alexandre Bompard, directeur de Carrefour, a annoncé que plus de 30 000 ventilateurs et climatiseurs avaient été vendus en une seule journée, lundi dernier. « Il est normal qu’il y ait une rupture de stock. Il faut environ trois mois pour que les produits arrivent d’Asie. En général, nous anticipons pour recevoir nos commandes mi-juillet, pas dès mai ou juin », explique Claude Pichegru, directeur de la société Guibb et spécialiste du brasseur d’air depuis 32 ans.
« L’image que l’on a, c’est celle du ventilateur colonial avec des pales en bois cannées. C’était rustique. Aujourd’hui, ce que les fournisseurs proposent n’a plus rien à voir. Nous disposons de produits très peu bruyants, que l’on peut activer avec une télécommande et qui ont un design bien meilleur », continue-t-il.
La principale qualité du ventilateur, ce n’est pas de baisser la température, mais d’améliorer le confort dans une pièce trop chaude. « Jusqu’à 4 degrés en moins en ressenti », affirme Claude Pichegru, qui est également membre de l’AFPVP. Cet argument est valable aussi bien en été qu’en hiver, car en brassant l’air des radiateurs, d’un poêle ou d’une cheminée, les pales aident à mieux répartir la chaleur dans les bâtiments.
Pour un prix allant de 100 à 1 000 euros, les défenseurs du ventilateur au plafond promettent en outre que l’appareil éloigne les moustiques et autres insectes, et qu’il peut même être associé à une climatisation pour en renforcer l’efficacité. « L’air froid est mieux réparti, donc on évite cet effet douche froide. La climatisation peut être réglée plus haut, elle consomme moins et fonctionne mieux », assure Jean-Pascal Schaefer. Selon ses promoteurs, le ventilateur de plafond dispose de tous les atouts pour connaître un nouvel essor.
