
Canicule et incendies : Les chiffres de la sécheresse « exceptionnelle » en France en 2026
Un épisode de sécheresse des sols « précoce et exceptionnel » a été signalé par le ministère de la Transition écologique à la mi-juillet. Cette situation est particulièrement visible sur les images satellites, qui montrent une carte de France ayant changé de couleur, passant du vert au jaune. « Prairies desséchées, défoliation des forêts, cultures d’été en grande souffrance, comme le maïs, soja, tournesol, et des moissons d’hiver précoces contribuent à cette couleur », a expliqué l’agroclimatologue Serge Zaka sur ses réseaux sociaux.
Cette sécheresse est en grande partie due à la vague de chaleur historique survenue en juin, suivie d’une autre au début de juillet. Selon les climatologues du World Weather Attribution, il aurait été quasiment impossible d’observer une telle chaleur en juin sans le changement climatique provoqué par les activités humaines. Le média 20 Minutes a sélectionné cinq chiffres illustrant l’ampleur de cette sécheresse.
Cet indice permet de mesurer la teneur en humidité des sols dans la zone racinaire sur une profondeur d’environ 2 mètres, fournissant des informations sur la quantité d’eau disponible pour les plantes. Il est donc essentiel pour la gestion des forêts, de l’eau et de l’agriculture. Au 20 juillet, cet indice montre « un déficit extrême pour la saison de la Vendée à la Bourgogne avec jusqu’à -95 % », a relevé l’agroclimatologue Serge Zaka.
Dans son dernier bulletin hydrologique, Météo-France a noté qu’au 30 juin, l’indice d’humidité des sols moyen sur la France était nettement inférieur à celui habituellement observé à la fin août. En moyenne, sur l’ensemble du mois de juin, les sols ont été plus secs que la normale sur 75 % du pays et exceptionnellement secs sur 17 % du territoire. Cette sécheresse des sols, mesurée par l’indice d’humidité, est le résultat d’un manque de précipitations et de températures élevées.
On peut également évoquer la sécheresse météorologique, caractérisée par un manque de pluies sur plusieurs mois. En juin, le déficit de pluies a atteint environ 45 %, variant de 25 à 75 % sur presque tout le territoire, selon Météo-France dans son bulletin hydrologique. Certaines régions, comme la Corse, le Languedoc, le sud de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Centre-Ouest et l’Auvergne, ont été particulièrement touchées.
D’autres zones ont été moins affectées, bénéficiant de pluies « plus conformes à la saison » dans l’extrême nord, l’ouest de la Bretagne, les Alpes et localement dans le Grand-Est, a noté Météo-France.
Selon le ministère de la Transition écologique, la situation des cours d’eau est « la plus préoccupante ». Un quart des petits cours d’eau sont à sec, « une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012 », a souligné le ministère. Depuis début juin, les débits diminuent rapidement, avec près d’un tiers des stations de mesure ayant enregistré des niveaux inférieurs aux minima observés au cours des vingt dernières années à la même période.
Concernant la sécheresse hydrogéologique, qui concerne les eaux souterraines, on observe une baisse des niveaux des nappes phréatiques. Dans son dernier bulletin en date du 15 juillet, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a indiqué que la vidange des nappes phréatiques se poursuit, avec 94 % des niveaux en baisse.
Deux facteurs expliquent cette situation. En juin, les sols se sont asséchés et les faibles pluies, souvent tombées lors d’orages, n’ont guère profité à la végétation. De plus, les prélèvements liés aux températures élevées ont accentué la vidange naturelle, a précisé le BRGM.
La canicule intense et précoce de juin a également eu des répercussions sur les écosystèmes. Dans une étude sur les effets de cette vague de chaleur, l’Institut Pierre-Simon Laplace, expert en sciences du climat, a mesuré que la végétation a perdu 17 % de sa capacité photosynthétique entre le 18 et le 25 juin, alors que cette perte n’était que de 3,6 % la semaine précédente.
En effet, « face à un stress hydrique, les plantes ferment leurs stomates pour réduire la transpiration, ce qui limite l’absorption du CO2 atmosphérique et diminue la photosynthèse », souligne l’étude. Lorsque les températures de surface atteignent des niveaux critiques, comme 42 °C, les dommages peuvent devenir irréversibles, entraînant jusqu’à la mort prématurée des feuilles.
