
Canicule : Éboulements possibles, refuges fermés… La chaleur affecte le tourisme de montagne
Les montagnes, souvent perçues comme des refuges face à la chaleur estivale, subissent également les effets dévastateurs de la sécheresse et des canicules. La situation s’est aggravée récemment avec des éboulements sur les voies d’ascension du mont Blanc, entraînant la fermeture des refuges de Tête-Rousse et du Goûter. Cette décision a été prise ce mardi, et Antoine Ballet, guide de haute montagne, a confirmé que les compagnies de guides n’avaient pas proposé d’ascensions au mont Blanc depuis environ quinze jours.
Malgré ces avertissements, 32 alpinistes ont tenté l’ascension par leurs propres moyens. À leur arrivée au refuge du Goûter, ils ont été confrontés à un éboulement et ont sollicité un rapatriement par hélicoptère, ce qui a été réalisé à leurs frais, comme l’a souligné le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex, dans un communiqué.
Les fermetures de sentiers ne se limitent pas au mont Blanc. Des régions allant de l’Isère au Tarn, en passant par les Pyrénées et la Provence, signalent de nombreux itinéraires inaccessibles cet été, en raison de l’augmentation des éboulements, comme en témoignent les vidéos circulant sur les réseaux sociaux.
Antoine Ballet a noté que, bien que des éboulements en fin d’été soient courants, la fréquence et l’ampleur des événements de cette année sont alarmantes. Les guides adaptent leurs itinéraires pour éviter les zones à risque, et les plus expérimentés estiment qu’entre 30 et 50 % des parcours qu’ils empruntaient auparavant ne sont plus praticables à cause de la fonte des glaciers et du permafrost.
Concernant la saison actuelle, le guide de haute montagne a déclaré qu’elle avait été satisfaisante jusqu’à présent, mais il attend une baisse des températures pour reprendre les ascensions au mont Blanc. Bien que cet emblématique sommet soit désormais moins accessible, les activités touristiques estivales en montagne continuent d’attirer les visiteurs.
Jean-Marc Peillex a précisé que le mont Blanc ne représente qu’une fraction de l’activité touristique dans la région, avec environ 200 personnes par jour tentant l’ascension, contre 60 000 dans la vallée. Il a également évoqué les conséquences du réchauffement climatique, soulignant que le permafrost, qui maintient les roches, est en train de fondre. Actuellement, le point à 0 °C se situe à 5 500 mètres d’altitude, une élévation significative par rapport à il y a dix ans. Face à cette réalité, le maire envisage la possibilité de fermer les refuges et l’accès au mont Blanc durant la période la plus chaude de l’année, du 15 juillet au 15 août.
