France

Canicule : 300 morts de plus en mai par rapport à la normale

Lors du premier épisode de canicule de 2026 survenu en mai, « au moins 300 décès » de plus que la normale ont été recensés en cinq jours dans l’Hexagone. Pour la canicule de juin, un premier bilan d’un millier de décès de plus que la normale depuis le 24 juin a été dévoilé dimanche, mais il est voué à s’alourdir.


Les données sur la surmortalité de mai ont été établies. Lors du premier épisode de canicule de 2026 qui s’est produit en mai, « au moins 300 décès » supplémentaires par rapport à la normale ont été signalés en cinq jours dans l’Hexagone, a indiqué mardi Santé publique France. L’organisme précise que le total des décès attribuables à la chaleur exceptionnelle de ce mois sera révélé ultérieurement. Entre le 24 et le 28 mai, seize départements dont six classés en « canicule » ont été touchés par des chaleurs précoces et intenses, entraînant « 300 décès en excès, représentant une augmentation d’environ 14% », a déclaré Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France.

Ces décès sont « toutes causes confondues », et « ce n’est pas forcément lié à la canicule ou aux fortes chaleurs », a-t-elle ajouté. Le bilan des décès dus à la chaleur, « nous ne pouvons le réaliser qu’à la fin de la saison chaque année ». Ce bilan est établi sur la base des données de mortalité toutes causes, fournies par les bureaux d’état-civil et transmises par l’Insee, comparées à un chiffre attendu de décès basé sur les six années précédentes, en excluant les événements extrêmes.

### Une chaleur inédite et précoce

L’épisode de mai, « caractérisé par sa précocité et son intensité par rapport aux normales de cette période de l’année, a exposé la population, peu habituée à ce type de conditions en cette saison, à de fortes chaleurs, alors qu’une période d’activités scolaires et professionnelles était encore en cours », a relevé l’agence sanitaire dans un communiqué. Les décès en excès, dont trois quarts étaient des personnes de plus de 75 ans, ont été majoritairement enregistrés dans des départements de la façade atlantique et en Île-de-France. Cependant, le Dr Semaille a précisé que l’épisode caniculaire de mai est « très différent de celui que nous connaissons actuellement ». Pour la canicule de juin, un premier bilan fait état d’au moins mille décès supplémentaires par rapport à la normale depuis le 24 juin, mais ce chiffre est appelé à augmenter.

En effet, ce bilan repose principalement sur des décès enregistrés via des certificats électroniques, qui « ne couvrent en moyenne que 60% des décès », a souligné le cabinet de la ministre de la Santé lors de la conférence de presse. De plus, la canicule, qui vient de se terminer, a touché « de manière bien plus significative les personnes isolées à domicile », ce qui conduit à « s’attendre à ce que les chiffres, une fois consolidés, soient nettement plus élevés » que les 1.000 déjà comptabilisés. Néanmoins, « l’ordre de grandeur nous laisse penser que nous demeurerons en dessous des niveaux » de surmortalité observés durant la canicule de 2003, qui avait causé la mort de près de 15.000 personnes en France.