
Beauval renonce : avenir des 19 dauphins captifs français incertain.
L’avenir des dauphins, initialement prévus pour être transférés au zoo de Beauval, est désormais incertain suite à l’annonce de l’établissement, faite mardi, de renoncer à ce projet. Rodolphe Delord, le directeur du zoo, avait précédemment exprimé son intention d’accueillir huit des douze dauphins du Marineland d’Antibes, fermé depuis le 1er janvier 2025, ainsi que les onze dauphins de Planète sauvage, situé près de Nantes. Cependant, le coût du chantier, estimé à 45 millions d’euros, l’absence de garanties financières de l’État et les recours juridiques des associations ont conduit à l’abandon de cette initiative, initialement prévue pour 2028.
La situation est d’autant plus préoccupante que la loi du 30 novembre 2021, interdisant les spectacles de cétacés et le contact avec le public dans les delphinariums à partir du 1er décembre 2026, approche à grands pas. Cette échéance a incité Marineland à fermer ses portes dès janvier 2025, se lançant dans une course contre la montre pour trouver une nouvelle destination pour ses animaux. Plusieurs options, y compris un transfert vers le Japon, ont été rejetées par l’État, qui a finalement autorisé des transferts au sein de l’Europe.
Face à l’urgence, le parc Marineland a déjà transféré huit de ses dauphins vers Selwo Aventura, un parc du même groupe à Benalmádena, près de Malaga, fin juillet. Ces cétacés étaient destinés à rejoindre Beauval une fois le chantier terminé. Une source proche du dossier a indiqué que Marineland avait pris la bonne décision en anticipant ces transferts. Les quatre autres dauphins, qui ne sont plus sous la gestion de Parques Reunidos, devraient bientôt être envoyés à l’Oceanogràfic de Valence, en Espagne, bien que leur départ ait été retardé par l’arrivée de bélugas canadiens. Quant aux orques Wikie et Keijo, leur transfert vers le Loro Parque de Tenerife est en attente d’accords entre les autorités françaises et espagnoles.
Les solutions immédiates semblent se réduire à des transferts vers d’autres parcs à l’étranger, selon une source. La situation actuelle à Antibes est jugée préoccupante, notamment en raison de l’état dégradé des bassins, qui pourrait affecter la santé des animaux. Les soigneurs continuent de s’occuper des dauphins, mais leur avenir reste flou, d’autant plus que Beauval a proposé de les accueillir avec les dauphins.
Du côté de Planète Sauvage, le directeur Sacha Marguerite a exprimé son désarroi face à l’absence de plan alternatif. Il a souligné que le projet Beauval était idéal pour le bien-être des animaux et qu’il était désormais nécessaire de repartir de zéro pour trouver une solution. En attendant, le parc continuera ses activités pédagogiques, ne voyant pas de changement imminent dans son fonctionnement.
Les associations de protection animale voient dans l’abandon du projet Beauval une victoire. Christine Grandjean, présidente de C’est Assez !, plaide pour que les dauphins soient transférés vers un sanctuaire marin en Italie, qui dispose des autorisations nécessaires et des infrastructures adaptées. De son côté, Muriel Arnal, présidente de One Voice, critique la logique des delphinariums et appelle à une discussion sur les sanctuaires, considérés comme une alternative plus viable.
Le gouvernement, quant à lui, n’a pas encore pris position sur ces alternatives. Le ministère de la Transition écologique a exprimé son regret concernant la décision de Beauval, tout en affirmant sa détermination à trouver une solution respectueuse des droits des animaux. L’avenir des dauphins et des autres cétacés reste donc incertain, et la situation mérite d’être suivie de près.
