
Bayrou et le Modem au tribunal pour l’affaire des assistants d’eurodéputés
La cour d’appel de Paris s’apprête à examiner une affaire de détournement de fonds impliquant François Bayrou et dix anciens responsables du MoDem. Ce procès, qui débute ce mercredi après-midi, fait suite à des accusations portées sur une période de près de dix ans.
François Bayrou, ancien Premier ministre, avait été acquitté lors du premier jugement. Il a déclaré aborder ce nouvel épisode judiciaire avec « grande sérénité et grande confiance ». En 2024, le tribunal correctionnel de Paris avait infligé des amendes substantielles au MoDem ainsi qu’à ses co-prévenus, assorties de peines d’emprisonnement et d’inéligibilité avec sursis. Les juges avaient établi que plusieurs assistants parlementaires, rémunérés par le Parlement européen, étaient en réalité affectés exclusivement aux activités du parti.
Cependant, contrairement à d’autres affaires similaires, notamment celle des assistants du Rassemblement national, les magistrats avaient rejeté l’idée d’un « système » organisé. Dans le cas du MoDem, il n’a pas été prouvé que François Bayrou ait ordonné aux eurodéputés d’employer des assistants fictifs. Bien que les juges aient noté qu’il était « très probable » que certaines actions des prévenus aient eu son assentiment, aucune preuve formelle n’a été apportée à cet égard.
François Bayrou avait exprimé sa satisfaction à l’issue du premier jugement, considérant que cette décision marquait « la fin d’un cauchemar de sept ans », une période durant laquelle il avait dû quitter son poste de garde des Sceaux un mois après sa nomination en juin 2017. Toutefois, l’appel du parquet a prolongé cette épreuve de près de trois ans.
L’accusation maintient que les personnes impliquées, y compris l’ancien ministre de la Justice Michel Mercier, ont détourné environ 300.000 euros entre 2005 et 2017 à travers onze contrats d’assistants parlementaires prétendument fictifs.
Pour François Bayrou, ce procès est crucial non seulement pour son avenir politique, mais aussi pour sa réputation et son héritage dans la sphère publique. Bien qu’une relaxe pourrait lui permettre de s’investir davantage dans la prochaine élection présidentielle, il a déjà affirmé qu’il ne sera « pas candidat » en 2027.
