Maroc

Les résultats du PISA valident la priorité de la réforme éducative actuelle.

Les résultats de l’édition 2025 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) mettent en lumière les défis persistants auxquels se confronte le système éducatif marocain. Selon le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, ces résultats soulignent l’importance cruciale de la réforme en cours, qui vise à garantir une maîtrise solide des compétences fondamentales dès le primaire.

Il est important de noter que les performances des élèves évalués lors de cette édition reflètent principalement les acquis d’un ancien modèle éducatif, comme l’indique le ministère dans un communiqué. Ainsi, ces résultats ne peuvent pas être interprétés comme une évaluation du nouveau cadre éducatif instauré par la Feuille de route 2022-2026, puisque les élèves concernés n’ont pas été exposés aux « Établissements pionniers ».

Comparativement à l’édition précédente de 2022, une baisse significative des résultats a été observée. En mathématiques, la moyenne nationale a chuté de 10 points, passant de 365 à 355. En compréhension de l’écrit, la diminution est de 18 points, de 339 à 321, tandis qu’en sciences, la baisse est de 7 points, de 365 à 358. Malgré cela, les sciences demeurent le domaine où les élèves marocains ont affiché leur meilleure performance, notamment dans l’évaluation des démarches de recherche scientifique, avec un score de 369 points, ainsi que dans l’évaluation des informations scientifiques et des sciences environnementales, chacune obtenant 357 points.

Les résultats concernant la modélisation et la programmation sont également notables, avec des scores respectifs de 374 et 369 points. Le ministère souligne que cette tendance de recul s’inscrit dans un contexte international similaire, où de nombreux systèmes éducatifs ont également enregistré des baisses en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Un écart important persiste entre les performances des élèves marocains et les moyennes internationales, ce qui met en exergue l’ampleur des défis à relever pour le système éducatif marocain. Les résultats révèlent également que le niveau de maîtrise des apprentissages fondamentaux reste en deçà des attentes. Les difficultés rencontrées par les élèves à l’âge de 15 ans ne sont pas uniquement attribuables au cycle secondaire, mais résultent d’une accumulation de problèmes d’apprentissage dès les premières années de l’enseignement primaire.

Dans ce cadre, le ministère insiste sur l’importance stratégique de la réforme actuelle, qui a débuté au niveau du primaire et vise à améliorer les apprentissages fondamentaux au sein des « établissements pionniers ». Ces établissements sont conçus pour identifier les lacunes et y remédier dès le départ, afin d’éviter leur accumulation au fil des niveaux scolaires.

Le ministère appelle également à une généralisation rapide des « établissements pionniers » dans les cycles primaire et secondaire, tout en renforçant les dispositifs de soutien pédagogique, en adaptant les contenus d’enseignement, et en fournissant des formations pratiques ainsi que des ressources numériques modernes. L’amélioration de l’environnement d’apprentissage et le renforcement de l’accompagnement pédagogique sont également des priorités.

Enfin, il est précisé que l’évaluation de l’impact réel du modèle des « établissements pionniers » sur les résultats du Maroc au PISA devra attendre que les élèves ayant bénéficié de ce modèle atteignent l’âge de participer à cette évaluation. Le Programme PISA, auquel le Maroc participe aux côtés d’autres pays membres et partenaires de l’OCDE, vise à mesurer les connaissances et compétences des élèves de 15 ans dans les domaines des mathématiques, de la culture scientifique et de la compréhension de la lecture, ainsi qu’un domaine spécifique lié à l’apprentissage numérique pour cette édition.