
Au sud de Bordeaux, une « chaîne humaine » s’oppose à la LGV Sud-Ouest
Des centaines de personnes ont formé samedi une chaîne humaine à Bernos-Beaulac (Gironde) pour protester contre le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux, Toulouse et Dax. Le projet prévoit de relier Toulouse à Paris via Bordeaux en trois heures et 10 minutes d’ici à 2032, puis Bordeaux à Dax en vingt minutes de moins qu’actuellement, en 2034.
Des centaines de personnes ont formé samedi une chaîne humaine à Bernos-Beaulac (Gironde) pour protester contre le projet de ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux, Toulouse et Dax. Cet événement s’est déroulé comme un dernier rassemblement « pacifiste » avant le début des travaux de défrichement prévus en octobre. Les manifestants brandissaient des pancartes avec des slogans tels que « Patrimoine en danger », « Lascaux des arbres et de l’eau », et « Arche de Noé de la biodiversité », en référence à la vallée du Ciron, au sud de Bordeaux, qui devrait être affectée par la LGV.
**Se battre pour la rénovation de l’existant**
Les organisateurs déclarent que « l’actualité caniculaire et l’empressement à rabattre les nappes phréatiques, ainsi que la précipitation à couper des arbres, ne font pas bon ménage avec ce refuge climatique ». Selon les organisateurs, près de mille personnes se sont unies, au son des tambours et des chants militants.
Richard Lavin, 75 ans, membre du collectif citoyen LGV NiNa (Ni ici, ni ailleurs), explique : « Nous, on ne se bat pas contre le train, même pas contre le TGV, on se bat contre ces nouvelles lignes. On se bat pour le train du quotidien, et pour la rénovation des lignes déjà existantes. »
Jacqueline Bloy, 94 ans, appuyée sur son déambulateur, exprime sa « colère ». Elle déclare : « C’est de l’argent foutu en l’air. On veut gagner un peu de temps, mais est-ce que c’est vraiment la priorité aujourd’hui avec tous les défis du réchauffement climatique ? » Le projet ambitionne de relier Toulouse à Paris via Bordeaux en trois heures et 10 minutes d’ici 2032, et de raccourcir le trajet Bordeaux-Dax de vingt minutes d’ici 2034, en vue de l’Espagne.
**Notre dossier sur la «LGV»**
Dans un rapport remis en avril au gouvernement, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) indique que le coût du projet, estimé en 2020 à 14 milliards d’euros, devrait être « réévalué de + 20 % » en raison de l’inflation. Le financement sera réparti à 40 % par les collectivités locales, 40 % par l’État et 20 % par l’Union européenne. Début mai à Toulouse, le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié le projet d’ « irréversible », et fin juin, le gouvernement a décidé d’un financement entièrement public, écartant l’option d’un partenariat public privé (PPP) évoquée ces derniers mois.
Les opposants, parmi lesquels se trouvent de nombreux élus locaux, dénoncent un « financement irréaliste, alors que les caisses de l’État sont vides ». L’autorisation environnementale accordée en février par les préfets des départements concernés permettra le lancement, dès octobre, de sondages géotechniques et de diagnostics.
