ASSE – OGC Nice : « Zéro tir cadré, on s’excuse » malgré l’ambiance magique.
Mardi soir, au stade Geoffroy-Guichard, 39.772 supporters étaient présents pour le barrage aller de Ligue 1-Ligue 2 entre l’ASSE et l’OGC Nice qui s’est terminé sur un score de 0-0. Les deux équipes ont enregistré un total de zéro tir cadré et un xG de 0.41, ce qui représente un record cette saison en France.
Au stade Geoffroy-Guichard,
Mardi soir, nous nous sommes souvent laissés emporter par le jeu du « what if » : que se serait-il passé si l’on avait déplacé la récente rencontre offensive entre le PSG et le Bayern Munich (5-4) au cœur du Chaudron stéphanois ? On n’ose imaginer l’ambiance dans le Forez pour un tel événement, d’autant plus qu’il est déjà difficile d’oublier l’engouement des 39.772 supporters présents pour le barrage aller (0-0) de Ligue 1-Ligue 2 entre l’ASSE et l’OGC Nice.
Si nous n’étions pas obligés de rendre compte de cet affrontement crucial pour 20 Minutes, nous aurions probablement passé la plupart de notre soirée à apprécier les animations des deux kops de Saint-Étienne plutôt qu’à suivre la rencontre. Bien que notre Ligue des talents ne soit pas toujours généreuse chaque semaine, nous avons cette fois été témoins d’un vide offensif total entre les équipes dirigées par les entraîneurs « old school » Claude Puel (64 ans) et Philippe Montanier (61 ans).
Aucun tir cadré et un record effrayant de xG
Deux statistiques alarmantes résument ce constat décevant : ZÉRO TIR CADRÉ pour les deux équipes, et un xG record cette saison en France (merci Opta), avec 0.41 expected goal… combinant les performances des Verts et du Gym ! Cela illustre à quel point aucun but n’a été entrevu, ni même une occasion sérieuse, durant plus de 100 minutes de « jeu ».
Alors messieurs, que pouvez-vous dire pour vous défendre et peut-être convaincre plus de trois fans irréductibles de se tourner vendredi vers le match retour (à huis clos qui plus est) ? « On voit que les deux équipes sont tendues par l’enjeu et la pression », a observé le président des Aiglons Jean-Pierre Rivère. « Je n’ai pas reconnu les joueurs, je les sens timorés, jouant en reculant. Il y a beaucoup à corriger, surtout la prise d’initiatives. »
L’OGC Nice se contente de peu et joue avec le feu
En proie à la menace de la Ligue 2 après une saison cauchemardesque, ponctuée par de grandes humiliations en Europe, une soirée tumultueuse au centre d’entraînement ayant conduit aux départs de Moffi, Boga et indirectement Haise, ainsi qu’un triste épilogue en Coupe de France (1-3 en finale contre Lens), l’OGC Nice a continuellement abaissé ses exigences au fil des mois.

« C’est un bon résultat vu le contexte, avec l’ambiance très chaude du public », a confié Morgan Sanson sur beIN SPORTS mardi. Melvin Bard a poursuivi cette curieuse satisfaction en zone d’interview, après ce piètre nul contre une équipe qui n’a engrangé que 4 victoires lors de ses 9 derniers matchs en Ligue 2 : « Le plan était de venir gagner ici, ou au moins de ne pas perdre. Ça a été un match fermé, c’était compliqué pour nous dans les 30 derniers mètres. »
« L’équipe a fait un très bon match », vraiment ?
Surtout lorsque le ballon entre en jeu, et qu’il devient nécessaire de recourir à l’habituel latéral Jonathan Clauss en tant qu’ailier droit, son équivalent à gauche étant Tiago Gouveia, titularisé pour la première fois depuis quatre mois. Dans ce marasme, le retour d’Elye Wahi (suspendu lors du barrage aller) ne pourra que bénéficier au match le plus important de la saison niçoise vendredi. Même Claude Puel, habituellement mesuré, a reconnu en conférence de presse après le match : « Techniquement, nous avons été assez pauvres. »
Du côté des Stéphanois, la Ligue 1 ne semble pas plus méritée, compte tenu du spectacle insipide proposé. On dirait que les coéquipiers de Lucas Stassin ne désiraient pas davantage enfoncer des Aiglons abattus par leur contre-performance en Coupe de France. « L’équipe a réalisé un très bon match », affirme pourtant de manière surprenante le défenseur central stéphanois Julien Le Cardinal. « Nous avons répondu présent dans l’intensité et l’impact, c’est cela qui compte. » Peu importe le football, la justesse technique, les incursions dans la surface adverse et la créativité dans les espaces restreints, après tout…

Les Verts en quête de « folie »
« Il nous a manqué l’étincelle, une audace offensive supérieure pour amener plus de danger chez l’adversaire », a noté Philippe Montanier. « Zéro tir cadré, nous nous en excusons. Près de la surface adverse, nous n’avons pas réussi grand-chose, tout comme notre adversaire d’ailleurs. Il sera nécessaire de réussir à cela lors du match retour, il faut que nous nous libérions un peu. » Et même beaucoup, Philippe, sans quoi cette vague de médiocrité constatée à Geoffroy-Guichard pourrait encore s’aggraver dans deux jours, surtout que ce dernier match ne pourra pas servir de cache-misère.
Notre dossier sur la Ligue 1
« Ce ne sont pas les matchs que l’on apprécie forcément, a glissé Lucas Stassin sur beIN SPORTS, avec un sourire forcé. Aujourd’hui, mon rôle était principalement défensif. » Invisible en attaque pour les Stéphanois mardi, l’attaquant belge symbolise bien la soirée difficile vécue par le football dans son ensemble. « Il nous a manqué plus de folie, il y a peut-être eu de la retenue en raison de l’enjeu », analyse le milieu des Verts Florian Tardieu. « Nous allons essayer de donner le spectacle que vous attendez tous vendredi. » Pour espérer mériter un retour en Ligue 1, il est temps de se hisser au niveau des Magic Fans et des Green Angels.

