
Affaire Jubillar : Les ossements découverts peuvent-ils donner des indices ?
Cédric Jubillar a indiqué l’emplacement où il a enterré son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Bernard Marc estime qu’il sera matériellement impossible de maintenir la date du procès en appel de Cédric Jubillar, actuellement programmé pour débuter le 21 septembre prochain devant la cour d’assises de Haute-Garonne.
Le dénouement scientifique d’une énigme vieille de près de six ans se déroule actuellement dans un laboratoire en Île-de-France. Près de deux mois avant l’ouverture de son procès en appel, Cédric Jubillar a avoué mercredi avoir enterré son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Les enquêteurs de la gendarmerie nationale ont découvert, ce jeudi, des ossements humains enfouis à la lisière d’un bois situé entre les villages tarnais de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Cette découverte tragique marque le début d’une vaste expertise médico-légale.
Les restes découverts correspondent pour l’instant au bas du corps de la victime, incluant deux fémurs. Une centaine de gendarmes, assistés par des équipes de lutte anti-drones, poursuivent les fouilles pour retrouver le reste du squelette, qui a pu être accidentellement dispersé par des travaux agricoles au fil des ans.
Les ossements doivent être transférés ce vendredi matin au laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. Les experts militaires commenceront leurs analyses dès vendredi après-midi afin de valider scientifiquement l’identité de l’infirmière, notamment par la comparaison d’empreintes dentaires ou par extraction d’ADN sur les cheveux et les dents.
Une fois l’identité confirmée, l’autopsie aura la lourde tâche de confronter la nouvelle version du peintre plaquiste, qui plaide désormais les violences mortelles sans intention de tuer. Interrogé récemment par 20 Minutes, le médecin légiste Philippe Boxho a averti que le squelette conserve de nombreuses traces physiques, comme des fractures crâniennes dues à un traumatisme contondant ou des signes de strangulation.
L’expert précise toutefois que l’absence de traces osseuses reste possible si les coups portés n’ont touché que des tissus mous. Le médecin légiste Bernard Marc a expliqué au Parisien que des fragments de cartilage ou des ligaments résiduels sont extrêmement précieux pour aider les scientifiques à comprendre les derniers instants de la victime.
Le travail d’analyse s’annonce particulièrement complexe et minutieux sur un corps resté enfoui pendant près de six ans. Bernard Marc a également mentionné qu’un protocole très strict de nettoyage préalable des ossements doit être respecté, avant d’effectuer leur réassemblage anatomique et des examens d’imagerie avancés.
Ces investigations techniques de haute précision nécessiteront au minimum plusieurs semaines de travail en laboratoire. Face à ces contraintes scientifiques, Bernard Marc estime qu’il sera matériellement impossible de maintenir la date du procès en appel de Cédric Jubillar, actuellement prévu pour débuter le 21 septembre prochain devant la cour d’assises de Haute-Garonne.
