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Affaire Jubillar : Les ossements découverts peuvent-ils fournir des indices ?

Cédric Jubillar a passé aux aveux mercredi et a indiqué l’emplacement où il a enterré son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Les ossements découverts correspondent au bas du corps de la victime, comprenant notamment deux fémurs, et doivent être acheminés ce vendredi matin au laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise.


Le dénouement scientifique d’une affaire qui dure depuis près de six ans se joue désormais dans un laboratoire en Île-de-France. Près de deux mois avant l’ouverture de son procès en appel, Cédric Jubillar a enfin avoué mercredi et a révélé le lieu où il a enterré son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Les enquêteurs de la gendarmerie nationale ont découvert, ce jeudi, des ossements humains enfouis à la lisière d’un bois entre les villages tarnais de Mailhoc et Villeneuve-sur-Vère. Cette découverte tragique marque le commencement d’une expertise médico-légale d’ampleur.

Les restes découverts semblent correspondre, pour l’instant, au bas du corps de la victime, incluant notamment deux fémurs. Une centaine de gendarmes, assistés d’équipes spécialisées dans la lutte anti-drones, poursuivent les fouilles pour retrouver le reste du squelette, qui a pu avoir été accidentellement dispersé par des travaux agricoles au fil des années.

Les ossements doivent être transportés ce vendredi matin au laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. Les experts militaires commenceront leurs analyses dès vendredi après-midi afin de valider scientifiquement l’identité de l’infirmière, notamment par comparaison d’empreintes dentaires ou extraction d’ADN à partir des cheveux et dents.

Une fois l’identité confirmée, l’autopsie devra confronter la nouvelle version de Cédric Jubillar, qui plaide désormais des violences mortelles sans intention de tuer. Interrogé récemment par 20 Minutes, le médecin légiste Philippe Boxho prévient que le squelette peut conserver de nombreuses traces physiques, telles que des fractures crâniennes résultant d’un traumatisme contondant ou les marques d’une strangulation.

L’expert tempère néanmoins en précisant qu’il pourrait ne pas y avoir de traces osseuses si les coups portés n’ont touché que des tissus mous. Pour sa part, le médecin légiste Bernard Marc a expliqué au Parisien que des fragments de cartilage ou de ligaments résiduels seraient extrêmement précieux pour aider les scientifiques à comprendre les derniers instants de la victime.

Le travail d’analyse s’annonce particulièrement complexe et minutieux pour un corps resté enfoui pendant près de six ans. Bernard Marc souligne également qu’un protocole strict de nettoyage préalable des ossements doit être respecté avant leur réassemblage anatomique et des examens d’imagerie avancés.

Ces investigations techniques de haute précision nécessiteront au minimum plusieurs semaines de travail en laboratoire. Compte tenu de ces impératifs scientifiques, Bernard Marc estime qu’il sera matériellement impossible de maintenir la date du procès en appel de Cédric Jubillar, prévu pour débuter le 21 septembre prochain devant la cour d’assises de Haute-Garonne.