A Lyon, Aulas critique ses anciens alliés de la droite
Jean-Michel Aulas a déclaré sur LinkedIn que « À chaque élection, les appareils politiques font les yeux doux à la société civile pour se donner de l’air, renouveler leur répertoire d’idées, reconquérir une confiance populaire qu’ils savent en ruine ». Il a été demandé à Jean-Michel Aulas et à deux de ses proches de se mettre en retrait suite à une plainte pour viol dévoilée le 10 juin.
Battu lors des élections municipales de mars, Jean-Michel Aulas a décidé d’exprimer son ressentiment jeudi à l’égard de ses anciens partenaires. Le premier vice-président de la métropole de Lyon a en effet exprimé ses critiques envers la droite locale après avoir perdu ses délégations suite à une plainte pour viol visant un de ses conseillers proches.
« À chaque élection, les appareils politiques font les yeux doux à la société civile pour se donner de l’air, renouveler leur répertoire d’idées, reconquérir une confiance populaire qu’ils savent en ruine », a écrit l’ancien président de l’Olympique lyonnais sur sa page LinkedIn.
### Aulas s’en prend aux « jeunes loups impatients »
« Plusieurs partis avaient surfé sur la dynamique de notre candidature […] pour conduire à une confortable majorité à la Métropole que peu anticipaient. Contribuant au passage à faire la courte échelle à quelques jeunes loups impatients ou à ressusciter de vieilles gloires locales », critique Jean-Michel Aulas sans nommer personne. « Une fois instrumentalisée puis digérée, la société civile se retrouve recrachée à la case départ, avec plus ou moins d’élégance selon les cas. Plutôt moins », ajoute le candidat malheureux à la mairie de Lyon.
Il est reproché à l’ex-président de l’OL d’avoir maintenu son directeur de communication en poste durant toute la campagne municipale alors que la plaignante l’avait alerté dès février. Il soutient avoir « agi dans le seul but de protéger la jeune femme ». Celle-ci, une militante d’une vingtaine d’années, affirme avoir été violée par soumission chimique début janvier, ce que conteste le conseiller mis en cause. Elle a porté plainte en mai.
Dès l’annonce de cette plainte, le 10 juin, la présidente LR de la métropole, Véronique Sarselli, a demandé le retrait de Jean-Michel Aulas et de deux de ses proches, tous issus de la société civile et devenus vice-présidents grâce à leur alliance électorale. Après avoir d’abord refusé, les intéressés ont cédé à la pression de leur groupe et ont vu leurs délégations retirées.
### Explosion du groupe Cœur lyonnais
À la métropole, Jean-Michel Aulas s’était allié avec Véronique Sarselli, qui a présidé le mouvement Grand cœur lyonnais, comprenant des candidats de la société civile et de partis allant du MoDem à LR, en passant par Renaissance et Horizons. À Lyon, il s’est également mis en retrait de son rôle de principal opposant au maire écologiste Grégory Doucet. Le groupe Cœur lyonnais, qu’il présidait, a éclaté dans la foulée.
« Tout cela visait donc surtout à remettre la société civile là où certains estiment qu’elle doit rester : dans le décorum, loin des postes et des candidatures qui permettent à une certaine classe politique de continuer à exister », déplore Jean-Michel Aulas sur LinkedIn. « Cette manœuvre n’est pas morale. Elle est habituelle. Elle est cynique », conclut-il.
