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250 ans des États-Unis : Cinq clés pour comprendre « The American Experiment »

Le 4 juillet 1776, le Congrès approuve à Philadelphie la « Déclaration de l’Indépendance », texte largement rédigé par Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin. Le 3 septembre 1783, le « Traité de Paris » permet l’officialisation de l’indépendance des États-Unis, tandis que les nations autochtones, telles que les Cherokees et les Mohawks, sont totalement absentes des négociations.

Masterclass. Alors que les États-Unis célèbrent les 250 ans de leur indépendance le 4 juillet 2026, la série documentaire streamée par Netflix The American Experiment : Une nation à l’épreuve du temps propose un aperçu de l’histoire d’une nation que nous, petits frenchies, connaissons souvent de manière très incomplète.

Composée de cinq épisodes de 70 minutes réalisés par Brian Knappenberger, cette série présente le témoignage d’historiens, de personnalités politiques, d’enseignants et de chercheurs américains sur la façon dont leur nation s’est construite entre 1753 et le 4 juillet 1776. Ce processus n’a pas été sans difficultés ! The American Experiment nous invite à explorer un passé riche, douloureux, rempli de paradoxes et de contradictions, qui a modelé les États-Unis que nous connaissons aujourd’hui. Ou que nous pensons connaître.

Les Français en guerre sur le sol américain

En 1754, treize colonies britanniques, sous la domination de la Grande-Bretagne, occupent la côte Est américaine : Virginie, Pennsylvanie, etc. De son côté, la France a installé plusieurs positions stratégiques dans la région. Georges Washington, âgé de 22 ans, est lieutenant-colonel dans l’armée britannique, qui vise à expulser les petits frenchies d’un continent que la Couronne comptait coloniser entièrement… toute seule.

George Washington, d'abord au service de l'armée britanique, avant de servir celle des américains.
George Washington, d’abord au service de l’armée britanique, avant de servir celle des américains. - © 2026 Netflix, Inc.

Le 28 mai, le commandant français Joseph Coulon de Villiers de Jumonville est abattu par un détachement de ce jeune officier, qui cherche à éloigner la France de l’État de l’Ohio. Cet événement est considéré comme le début de « La Guerre de Sept ans ». Paradoxe : alors que Georges Washington se bat pour le roi d’Angleterre George III contre les Français, il conclura plus tard une alliance avec nos petits soldats tricolores pour libérer les colons du joug de la Couronne…

Des colons complètement timbrés

À retenir : « Stamp Act ». C’est l’un des éléments déclencheurs de la Guerre d’indépendance des États-Unis qui s’annonce. Il s’agit d’une loi adoptée par le Parlement britannique en 1765.

Cette loi impose une taxe sous forme de timbre fiscal à payer sur de nombreux documents utilisés par les colons : journaux, livres, contrats… ainsi que sur les cartes à jouer ! Pour la Couronne, l’objectif est de renflouer ses caisses après la « Guerre de Sept ans ». En conséquence, les colons, n’ayant pas de représentants au Parlement à Londres, s’écrient « à la tyrannie » et s’insurgent. Face à l’intensification des mouvements de résistance, le « Stamp Act » est finalement abrogé. Mais il reste le déclencheur qui mènera à la Guerre d’indépendance.

Une « Tea Party » contre des impôts déguisés

On ne renie pas ses origines : bien qu’il soit colon aux États-Unis, on aime toujours le thé ! Après l’échec du « Stamp Act », le Parlement britannique propose une idée encore plus absurde : taxer le thé exporté vers le Nouveau Continent, mais de manière détournée.

Alors que la British East India Company a du mal à vendre ses stocks de thé et frôle la faillite, le gouvernement lui accorde le droit de vendre ses excédents directement aux colonies américaines. À un prix réduit (moins cher que le thé de contrebande), mais soumis à une taxe.

La situation provoque une réaction vigoureuse parmi les amateurs d’Earl Grey qui reconnaissent la manigance et refusent qu’un tel impôt déguisé crée un précédent. Le 16 décembre 1773, des colons déguisés en Amérindiens montent à bord de trois navires britanniques dans le port de Boston et jettent par-dessus bord 342 caisses de thé, soit 46 tonnes de marchandises !

C’est ce qu’on appelle la « Boston Tea Party », un autre événement déclencheur de la Guerre d’indépendance qui commencera officiellement le 19 avril 1775. Georges Washington prend les rênes de l’armée américaine face aux tuniques rouges britanniques le 15 juin.

Les esclaves comme monnaie d’échange

À cette époque, les treize colonies américaines pratiquaient l’esclavage. George Washington, quant à lui, a grandi dans un environnement où la traite des Noirs était courante. Le gouvernement britannique, conscient de son besoin de soldats pour faire la guerre aux Américains, prend une mesure opportuniste.

En novembre 1775, le gouverneur royal de Virginie publie la « Proclamation de Dunmore ». Elle invite les esclaves à fuir les plantations et à rejoindre l’armée britannique, promettant la liberté à la fin du conflit. Environ 5.000 hommes sont ainsi recrutés. À la victoire américaine en 1783, les anciens esclaves survivants seront en partie évacués vers le Canada, les Caraïbes ou la Sierra Leone.

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L’Indépendance, mais à quel prix

Une copie originale de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
Une copie originale de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. - Avi Adelman/ZUMA/SIPA

Le 4 juillet 1776, le Congrès approuve à Philadelphie la « Déclaration de l’Indépendance », un texte largement rédigé par Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin.

Le deuxième paragraphe contient la phrase : « Tous les hommes sont créés égaux. Ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables. Parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Oui, les États-Unis, qui n’aboliront officiellement l’esclavage qu’en 1865, ne sont pas étrangers aux paradoxes…

Cependant, la rupture politique avec la Grande-Bretagne est désormais consommée.

Il faut attendre le 3 septembre 1783 et le « Traité de Paris » pour que l’indépendance des États-Unis soit officiellement reconnue. Bien que le traité stipule que les esclaves doivent être restitués à leurs propriétaires, les nations autochtones sont totalement absentes des négociations. Dépossédés de leurs terres, les Cherokees (alliés des Britanniques pendant la guerre) et les Mohawks commencent leur migration vers l’ouest. Une conquête que les Américains vont désormais engager…