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Virus Ebola : premier cas en France, patient isolé depuis RDC, 5 contacts.

Le ministère français de la Santé a annoncé mercredi « l’identification d’un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national ». Le ministre a précisé que « le patient, de retour d’une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable ».


Le ministère français de la Santé a annoncé mercredi la détection d’un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le sol national. Selon un communiqué diffusé ce mercredi matin, « Le patient, de retour d’une des zones de circulation du virus en RDC, a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable ».

Cinq personnes qui ont voyagé dans le même avion que le médecin diagnostiqué positif à Ebola sont considérées comme possibles cas contacts et ont été placées à l’isolement, a précisé mercredi soir la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur France 2, en soulignant que le médecin ne présentait pas de symptômes lors de son embarquement dans l’avion qui est arrivé mardi à Paris.

C’est la première fois qu’un cas d’Ebola est confirmé en France. Le ministère a spécifié à l’AFP que l’identification avait eu lieu en métropole, sans fournir de détails sur la localisation, en raison du secret médical. Bien que les autorités sanitaires estiment que le risque de transmission soit faible, le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a immédiatement indiqué suivre la situation de « très près ». La RDC fait face actuellement à une épidémie significative de cette maladie, qui se manifeste par une fièvre hémorragique souvent mortelle.

Selon les derniers chiffres officiels, 1 048 cas ont été recensés, avec 267 décès, soit un taux de létalité d’environ 25 %. Toutefois, de nombreux experts estiment que le bilan pourrait être sous-estimé, étant donné l’impact de l’épidémie dans des régions reculées. Cette épidémie, qui touche également l’Ouganda dans une moindre mesure, concerne une souche rare du virus, nommée Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. La France est le premier pays hors d’Afrique à confirmer un cas diagnostiqué sur son territoire dans le cadre de cette épidémie, des cas suspects au Brésil ou en Italie ayant été finalement exclus ou non confirmés.

Concernant la situation en RDC, le ministère de la Santé a indiqué que « toutes les mesures de précaution, et notamment l’isolement du patient, ont été prises dès son arrivée sur le territoire national, avec un transfert à l’hôpital dans des conditions sécurisées afin d’éviter tout risque de contamination ». Une enquête est en cours pour identifier d’éventuels cas contacts, qui seront soumis à un « isolement à domicile de 21 jours et bénéficieront d’une surveillance attentive durant cette période ».

Lors d’une précédente épidémie majeure ayant affecté l’Afrique de l’Ouest au milieu des années 2010, deux cas avaient été détectés sur le territoire français, mais seulement après avoir été diagnostiqués à l’étranger. En revanche, plusieurs cas avaient été confirmés aux États-Unis et au Royaume-Uni chez des patients revenant des zones touchées par l’épidémie. Ces précédents restent rassurants, car aucune propagation durable n’en a résulté.

Les experts en santé publique estiment que le risque de transmission mondiale de l’épidémie reste faible, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola. « Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé faible le risque d’infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant dans des zones de circulation active, et très faible pour la population générale européenne », a souligné le ministère de la Santé.

L’épidémie actuelle d’Ebola, la 17e à toucher la RDC, est considérée comme particulièrement préoccupante face aux nombreux facteurs entravant la lutte contre cette flambée. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a déclaré cette épidémie une urgence de santé publique, a signalé à la mi-juin que la transmission s’accélère en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire. L’absence de vaccin, la présence de zones de conflit, ainsi que la lenteur des autorités sanitaires à identifier initialement le virus, compliquent la gestion de cette épidémie.