
Un soir, un film : Hugues Dayez présente « Spiderman » et « L’Odyssée », sauveurs de l’été cinéma
Un large public familial a afflué vers les salles de cinéma climatisées à la recherche de divertissement, et deux films américains se sont imposés en tête du box-office.
En première position, « Spiderman, brand new day », qui a vu le jour à la fin du mois de juillet, a déjà engrangé la somme incroyable de 2,3 milliards de dollars en moins d’un mois. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un record absolu, ce chiffre le place parmi les plus grands succès de l’histoire d’Hollywood.
En deuxième position, « L’Odyssée », une adaptation du poème d’Homère réalisée par Christopher Nolan, a également connu un franc succès. Sorti à la mi-juillet, ce film de trois heures s’approche des 1,5 milliard de dollars de recettes, surpassant même le précédent succès du réalisateur, « Oppenheimer ». En Belgique, ces deux films ont à eux seuls capté 90 % des recettes des salles obscures, apportant un souffle nouveau aux exploitants de cinéma, mais laissant les films d’auteur, sortis durant la même période, dans l’ombre.
Cependant, si « Spiderman » est le grand vainqueur du box-office, « L’Odyssée » a suscité un intérêt médiatique considérable, alimenté par plusieurs polémiques avant sa sortie. Les choix de casting polyethniques de Nolan ont été au centre des débats, tout comme les anachronismes, tels que les bateaux grecs ressemblant à des drakkars vikings. Nolan a également mis en avant le fait que le film a été tourné en format Imax sur pellicule 70 mm, créant ainsi un phénomène de rareté, car peu de salles en Europe sont équipées pour le projeter. À Bruxelles, le complexe Kinepolis a même ajouté des séances matinales pour répondre à la forte demande.
En parallèle, une critique acerbe a été formulée par Emily Wilson, une traductrice renommée de « L’Odyssée », qui a pointé du doigt le manque de profondeur psychologique, émotionnelle, politique et éthique du film de Nolan.
Bien que je ne partage pas entièrement l’avis de Wilson, je reconnais qu’il y a un certain déficit d’émotion et de poésie dans le film, malgré le sens du spectacle indéniable de Nolan. Le casting, avec des figures comme Matt Damon et Anne Hathaway, peine également à convaincre.
Pour ceux qui s’intéressent à une adaptation d’Homère plus réussie, il convient de rappeler qu’une série télévisée européenne de 1968, produite par Dino De Laurentiis, a su capturer l’essence de l’œuvre. La talentueuse Irène Papas y incarnait Pénélope, tandis que Bekim Fehmiu offrait une interprétation mémorable d’Ulysse. Cette série, devenue culte, est disponible en intégralité sur le site de l’INA, Madelen, ou sur YouTube.
