Belgique

Un jour, une carte : menace nucléaire et docteurs Folamour.

Stanley Kubrick sort le film « Docteur Folamour » en 1960, qui aborde l’utilisation incontrôlée de l’arme nucléaire. Neuf pays possèdent actuellement l’arme nucléaire dans le monde : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, le Pakistan, l’Inde, Israël et la Corée du Nord.

Nous sommes dans les années 1960. Les États-Unis et l’Union soviétique se menent à tour de rôle des frappes nucléaires. Crise de Corée, crise de Cuba, la tension est à son comble.

Stanley Kubrick réalise un film absurde intitulé « Docteur Folamour » dont le sous-titre est : « Ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe ». L’histoire dévoile comment l’usage de l’arme nucléaire échappe à tout contrôle pour finalement être utilisée par un commandant qui déclenche le largage de la bombe alors qu’il est à cheval sur celle-ci.

La fin d’une époque

L’attachement à l’arme nucléaire semble aujourd’hui revenir en force. Pourtant, après la chute de l’Empire soviétique – et même déjà un peu  avant – les grandes puissances ont négocié pour réduire le nombre d’ogives. C’était l’époque de la détente et du désarmement. « C’était », devrait-on dire.

Deux études sérieuses et reconnues telles que l’ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires) et un autre institut international de recherche sur la paix, le SIPRI, concordent : le démantèlement des anciennes armes se termine et les investissements dans de nouveaux arsenaux redeviennent massifs. Environ 20% de plus entre 2024 et 2025, soit plus de 100 milliards d’euros.

Actuellement, neuf pays possèdent l’arme nucléaire dans le monde : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, le Pakistan, l’Inde, Israël et la Corée du Nord.

Au total, plus de 12.000 têtes nucléaires dont 2000 qui sont à l’entretien et ne sont pas utilisables dans l’immédiat. Les États-Unis et la Russie en possèdent près de 5000 chacun. En Belgique, par déduction de certains documents de l’OTAN, on arriverait au chiffre d’une quinzaine de missiles nucléaires américains installés sur la base militaire de Kleine-Brogel. Cependant, des informations restent secrètes, selon ce qui paraît être un secret-défense…

Vers de nouveaux investissements

Il est à prévoir que ces développements ne s’arrêteront pas là. Les années à venir sont synonymes de nouveaux investissements. La Chine, qui détient déjà quelques centaines de têtes nucléaires, projette de rattraper son retard sur les deux grandes puissances, la Russie et les États-Unis.

La course à l’armement atomique recommence également au Royaume-Uni et en France. Bien sûr, les États ne se prononcent pas officiellement sur ces tendances. La langue de bois demeure bien présente dans le monde nucléaire. Par exemple, il est difficile d’obtenir des informations précises sur le nombre d’armes nucléaires françaises. On pensait qu’il y en avait moins de 300, mais les derniers chiffres indiquent un total plus proche de 400. Cela semble être un exercice purement comptable. Ainsi, d’un tableau Excel à l’autre, la capacité de détruire une ville ou un pays pourrait augmenter de 25%.

Vous pourriez penser qu’ils n’oseraient jamais les utiliser. Il est raisonnable de croire cela. Mais peut-on être sûrs que la raison guide encore notre monde ?