Ukraine : Antonio Costa maintient ses contacts avec Moscou malgré les réserves.
Antonio Costa a défendu l’ouverture d’un canal diplomatique avec la Russie, affirmant qu’il est nécessaire de soutenir l’Ukraine par des moyens diplomatiques. Des sources diplomatiques ont indiqué que la France et l’Allemagne étaient embarrassées par cette initiative, reflétant des divergences entre États membres concernant les relations avec la Russie.
Costa soutient l’ouverture d’un canal avec Moscou. « C’est précisément parce que nous devons soutenir l’Ukraine aussi par des moyens diplomatiques qu’il nous faut un canal diplomatique avec la Russie », a déclaré le Portugais, après la révélation d' »brefs contacts » que son cabinet a eu récemment avec le Kremlin.
### Des réactions mitigées parmi les États membres
La France et l’Allemagne, entre autres, ont exprimé leur mécontentement face à cette annonce, tandis que plusieurs États membres ont affirmé ne pas avoir été informés au préalable. Pour Antonio Costa, cela représentait un « débat très utile pour clarifier des malentendus », notamment le fait que l’Union européenne ne cherche pas à jouer le rôle de médiatrice, ayant clairement pris parti pour l’Ukraine.
« Le temps de négocier n’est malheureusement pas encore là, mais il faudra un contact direct le moment venu. Les États membres répètent que l’UE devra être à la table de négociations futures », a-t-il précisé.
### L’UE veut préparer sa place à la future table des négociations
Le président du Conseil européen a souligné la complémentarité des rôles. « On ne veut pas remplacer l’Ukraine, car elle seule – le président Zelensky – a la légitimité de négocier au nom de l’Ukraine. On ne veut pas concurrencer les États membres ou la coalition des volontaires sur les enjeux concernant les garanties de sécurité ou les forces militaires. Mais dans tous les cas, l’UE a des intérêts concrets pour sa sécurité propre », a-t-il dit.
Antonio Costa a notamment évoqué les sanctions, les actifs russes immobilisés et les questions énergétiques. « Seules les institutions de l’UE peuvent parler au nom de l’UE », a-t-il ajouté, affirmant travailler en étroite collaboration avec Ursula von der Leyen.
### Von der Leyen plaide pour un message européen uni
Aux côtés d’Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne a assuré que l’Europe devait être l’un des architectes d’une paix « juste et durable ».
« L’Ukraine est au volant et nous, l’UE, sommes à ses côtés », a-t-elle illustré. « Au moment venu, nous aurons besoin d’un message uni à l’adresse du président Poutine. Le président Costa représente les 27 États membres. Les instruments pour, par exemple, l’énergie, les actifs immobilisés, les sanctions ou l’industrie de la défense sont entre les mains de la Commission », a-t-elle observé.
Elle a également assuré que son « excellente collaboration » avec Antonio Costa se poursuivrait.
### Bart De Wever compare l’initiative au “téléphone rouge” de la guerre froide
À l’issue du sommet, le Premier ministre belge Bart De Wever a jugé « parfaitement normal » que le président du Conseil européen cherche à établir un canal de communication avec Moscou.
Il a comparé cette initiative au concept du « téléphone rouge », la ligne de communication directe mise en place durant la guerre froide entre Washington et Moscou pour permettre aux dirigeants américain et soviétique d’échanger en cas de crise et d’éviter toute escalade nucléaire.
### Paris et Berlin embarrassés
Des sources diplomatiques avaient précédemment déclaré que la France et l’Allemagne étaient embarrassées par l’initiative du dirigeant portugais, signifiant des divergences persistantes entre États membres sur la manière d’aborder les relations avec la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine.
