Trump annonce qu’un compromis avec l’Iran ne comprend pas la réouverture du détroit d’Ormuz.
L’accord discuté permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz et assouplirait les sanctions pesant sur l’Iran, mais la question du nucléaire serait renvoyée à des négociations ultérieures. Selon CBS News, la dernière proposition comprendrait le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires.
Selon des médias américains, cet accord permettrait aux navires de traverser à nouveau le détroit d’Ormuz, indispensable à l’économie mondiale, et allégerait les sanctions imposées à l’Iran. Cependant, la délicate question du nucléaire serait renvoyée à des négociations futures.
D’après CBS News, qui cite des sources proches des pourparlers, la dernière proposition inclurait le dégel de certains avoirs iraniens dans des banques étrangères et la poursuite des discussions pour une durée supplémentaire de 30 jours. Ce délai est également mentionné par le Wall Street Journal.
L’accord discuté ne résout pas le problème de la manière dont l’Iran se débarrasserait de ses stocks d’uranium enrichi, sujet qui sera abordé lors d’un prochain cycle de négociations « dans les semaines ou mois à venir », a rapporté le New York Times en se basant sur des responsables américains.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré samedi que Téhéran était en « phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec Washington. « Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes, » a précisé Esmaïl Baghaï, en ajoutant que le dossier nucléaire n’était pas « à ce stade » inclus dans l’accord en discussion.
En revanche, la levée du blocus naval imposé par les États-Unis aux ports iraniens et les enjeux liés au détroit stratégique d’Ormuz, qui est de facto bloqué par l’Iran depuis le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, sont sur la table.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, en tant que médiateur dans ces négociations, a nourri dimanche l’espoir d’une résolution du conflit en plusieurs étapes, en affirmant espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ».
La première rencontre, jugée infructueuse, avait eu lieu à Islamabad le 11 avril entre des hauts responsables américains et iraniens.
### Le téléphone sonne
Le projet d’accord « largement négocié » avec l’Iran et « sous réserve d’être finalisé » prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, a indiqué le président américain Donald Trump dans un message sur sa plateforme Truth Social. Ce message est survenu après une discussion téléphonique avec plusieurs dirigeants d’États du Golfe, ainsi que de Turquie, d’Égypte, de Jordanie et du Pakistan.
Le président américain a aussi rapporté avoir parlé avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un appel « séparé » qui s’est, selon M. Trump, bien déroulé. Les médias américains ont récemment évoqué des stratégies divergentes entre Donald Trump et son allié israélien, le premier étant en faveur d’une solution diplomatique tandis que le second souhaite une reprise des combats.
Ce rapprochement apparent des belligérants est survenu après des semaines de blocages et de menaces.
Plus tôt samedi, Donald Trump avait évalué à « 50-50 » les chances d’un « bon » accord ou d’une reprise de la guerre, en s’exprimant auprès du média Axios. Ce même jour, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis une réponse « écrasante » si les États-Unis relançaient leur guerre contre l’Iran. M. Ghalibaf venait de rencontrer le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation d’Islamabad.
### « Solutions pacifiques »
Après plus d’un mois de guerre ayant causé des milliers de morts et perturbé l’économie mondiale, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.
Dans le Golfe, les diplomates s’activent pour faire avancer les discussions et éviter une reprise des frappes. Lors de l’appel avec Donald Trump, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a exhorté à « donner la priorité aux solutions pacifiques », selon son bureau.
Le Qatar, comme d’autres pétromonarchies du Golfe alliées aux États-Unis, a été touché par des tirs iraniens de représailles sur son territoire lors des premières semaines de la guerre.
Impopulaire aux États-Unis, la guerre a également gravement perturbé l’économie mondiale. Un cinquième des hydrocarbures consommés mondialement transitaient par le détroit d’Ormuz avant le conflit.
Les Iraniens expriment leur lassitude. « L’état de +ni guerre ni paix+ est bien pire que la guerre elle-même. On ne peut même pas prévoir quelque chose d’aussi simple que s’inscrire à une salle de sport, » déplore Shahrzad, 39 ans, jointe par téléphone depuis Paris.
Sur le front libanais, malgré le cessez-le-feu instauré le 17 avril, l’armée israélienne, qui a perdu un 22ème soldat depuis le début de la guerre contre le Hezbollah pro-iranien, intensifie les raids et les appels à évacuer dans le sud du Liban. À Nabatiyé, la défense civile libanaise a signalé dimanche la destruction de son centre régional à la suite d’une frappe israélienne.

