Belgique

« Survol de Bruxelles : ‘Les enfants se lèvent la nuit, pleurent pour un avion' »

Plus de 3 800 infractions liées aux nuisances sonores causées par le survol des avions ont été enregistrées à Bruxelles entre janvier et avril derniers, un chiffre qui interpelle. Selon les informations rapportées par L’Echo, la majorité de ces infractions, soit 80 %, ont été relevées par le sonomètre de Molenbeek, situé à 10 kilomètres de l’aéroport de Zaventem, alors que cette station ne devrait normalement pas enregistrer de tels dépassements.

Depuis l’été 2025, une nouvelle trajectoire d’atterrissage a été instaurée, survolant le Nord-Ouest de Bruxelles ainsi que des communes comme Laeken, Schaerbeek et Evere. Les avions empruntent la route RNP07, surnommée « route Crucke », en hommage au ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Cette situation a suscité la colère de nombreux Bruxellois, soutenus par leurs autorités locales, qui s’opposent à l’utilisation de cette voie aérienne. Des communes telles que Schaerbeek, Evere, Berchem-Sainte-Agathe, Jette et Molenbeek ont engagé des actions en justice pour contester cette route, qui est utilisée temporairement pendant des travaux avant une adoption définitive.

Yassine, résident de Molenbeek, décrit un quotidien perturbé : « En fin de journée, surtout lorsqu’on est chez soi, les survols sont infernaux. » Il explique que les avions passent toutes les trois à quatre minutes, provoquant des bruits intenses qui perturbent le sommeil de sa famille. « Les enfants se réveillent la nuit, effrayés par le bruit des avions », déplore-t-il. Ce sujet est devenu omniprésent dans les discussions du quartier, touchant même les conversations chez les commerçants locaux.

Frédérik, également habitant de Molenbeek, partage son expérience : « Les atterrissages sont visibles depuis notre maison, à seulement 400 mètres. La nuit, nous sommes souvent réveillés. Pendant la journée, c’est toutes les deux minutes. » Ce climat de nuisances sonores incessantes pèse sur la vie quotidienne des riverains, qui se sentent pris au piège dans ce nouveau chapitre des survols à Bruxelles.

Catherine Moureaux, bourgmestre de Molenbeek, a déclaré : « Nous demandons que cela cesse. » Elle souligne que la procédure engagée vise à mettre un terme aux nuisances environnementales. Grâce aux données fournies par le sonomètre de Molenbeek, elle espère apporter des preuves tangibles des souffrances vécues par les 100 000 habitants de la commune, ainsi que par les 300 000 Bruxellois vivant sous les trajectoires aériennes.

L’association Free Air 4 Brussels estime que 450 000 Bruxellois sont affectés par cette situation. Elle a lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 16 000 signatures et prévoit un rassemblement au Parc Elisabeth à Koekelberg le dimanche 13 septembre, en réponse à l’inaction du ministre Crucke.

Le ministre a reconnu les différentes actions judiciaires en cours, y compris celles provenant de communes du Brabant flamand comme Lennik. « Je comprends l’impatience des riverains face à un dossier qui traîne depuis des années », a-t-il déclaré. Il a précisé que des propositions concrètes sont actuellement en discussion au sein du gouvernement, et qu’une décision doit être prise au plus tard le 1er octobre. Il reste convaincu qu’une solution durable nécessite une décision politique globale, soulignant que le temps des reports est révolu.