
Sommet de l’OTAN : la Belgique atteint 2% du PIB pour la Défense.
L’objectif est d’atteindre 2% du PIB – soit plus de 14 milliards d’euros – de dépense dans la Défense d’ici la fin de la législature. Le rapport chiffre l’écart entre les objectifs de standardisation des dépenses et la réalité, indiquant un manque de 107 millions d’euros dès l’année prochaine et jusqu’à 550 millions d’euros en fin de législature.
Dans les airs avec les F-35, sur terre avec les blindés Griffon ou sur mer avec les chasseurs de mines M940… Ces exemples illustrent bien que la Défense n’est pas négligée dans les décisions budgétaires de l’Arizona.
L’objectif est d’atteindre 2% du PIB, soit plus de 14 milliards d’euros, de dépenses dans la Défense d’ici la fin de la législature. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de recourir à un mécanisme budgétaire : la standardisation des dépenses.
Concrètement, cela signifie reclasser des dépenses existantes sous l’étiquette « Défense », permettant ainsi d’augmenter artificiellement notre contribution à l’effort de remilitarisation demandé par l’Alliance, sans dépenser d’argent supplémentaire, malgré les milliards déjà investis dans la remilitarisation du pays.
Un succès en début de législature
« Pour 2025 et 2026, l’objectif de standardisation de respectivement 125 millions d’euros et 150 millions d’euros a été atteint en tenant compte de la pension des anciens miliciens (167,5 millions d’euros) », a noté la Cour des comptes dans son dernier rapport.
Cela signifie qu’en considérant, en plus de l’argent frais, les pensions des anciens militaires et civils de l’armée – déjà payées par le fédéral – comme une dépense de la Défense, la norme de l’OTAN de 2% du PIB a été atteinte ces deux dernières années.
Ce tour de passe-passe budgétaire a fonctionné, mais ses limites pourraient se faire sentir dans les années à venir.
Le plus gros reste à faire
Les pensions des anciens militaires et civils de l’armée étaient un cas évident, il suffisait de les étiqueter « Défense » pour que cela fonctionne. Cependant, la Belgique prévoit de s’appuyer de plus en plus sur cette méthode, la standardisation, afin de maintenir le cap : 300 millions en 2027, 500 millions en 2028 et jusqu’à 750 millions d’euros en 2029.
Parallèlement, en début de semaine, le comité de monitoring a calmé les ambitions de l’Arizona dans son rapport visant à guider la confection du budget : « Un inventaire a été dressé des dépenses de l’État fédéral pouvant faire l’objet d’une telle standardisation. Les dépenses finalement retenues dans le cadre de cette standardisation sont nettement inférieures à l’objectif fixé dans la décision du Conseil des ministres ».
Le rapport estime l’écart entre les objectifs de standardisation des dépenses et la réalité. Il évoque un manque de 107 millions d’euros dès l’année prochaine et jusqu’à 550 millions d’euros à la fin de la législature.
Sans ces fonds, la Belgique ne respectera plus la norme de l’OTAN et ses dépenses de défense tomberont à 1,93% de son PIB en 2029.
Il convient de noter que la standardisation des dépenses doit représenter près d’un quart de l’effort budgétaire en matière de Défense. En chiffres : des 3,074 milliards à mobiliser en 2029, l’Arizona ne comptait débourser « que » 2,324 milliards en nouvelles dépenses publiques.
Des discussions tendues en perspective
« On restera un bon élève jusqu’à la fin de la législature », a promis Bart De Wever. Le Premier ministre se trouve à Ankara pour représenter la Belgique au sommet de l’OTAN. Il a ajouté que « le vrai défi sera d’augmenter nos dépenses à 3,5% lors de la prochaine législature, parce que le budget en Belgique est catastrophique », en évoquant les nouveaux objectifs fixés par les Alliés lors du sommet de La Haye en 2025.
Cependant, en attendant, le gouvernement ne pourra pas trouver des dépenses à standardiser de manière magique.
« L’instruction de l’OTAN relative à la définition des dépenses militaires stipule que, pour les dépenses mixtes (civiles et militaires), la composante militaire doit toujours être clairement estimée ou justifiée », a rappelé la Cour des comptes, soulignant que certaines dépenses de sécurité intérieure n’étaient « pas encore suffisamment claires ».
Concrètement, le gouvernement souhaitait inclure sous l’étiquette « Défense » l’achat d’un hélicoptère de la police fédérale, d’un avion du SPP Politique Scientifique ou encore des moyens de défense anti-drones destinés à la police. Cependant, il ne suffit pas d’étiqueter ces dépenses pour qu’elles soient acceptées ; l’utilité militaire doit être démontrée.
Trouver les 107 millions qui manqueront l’année prochaine sera un enjeu crucial, nécessitant probablement de nouvelles dépenses ; il faudra casser la tirelire. Débloquer une telle somme ne sera pas aisé, surtout que la confection du budget 2027 s’annonce très tendue au sein de la majorité.
À titre d’exemple, l’Arizona ne veut pas prendre le risque de perturber ses vacances avec un conclave inachevé. Les négociations budgétaires éviteront la traditionnelle échéance du 21 juillet pour parvenir à un accord et resteront en suspens – ou du moins dans l’intimité des réunions intercabinets – jusqu’à la rentrée prochaine.
