
Saint-Gilles ferme un snack pour trafic de drogues, le gérant saisit le Conseil d’Etat
À Saint-Gilles, la fermeture d’un snack emblématique en raison de son implication présumée dans le trafic de drogues suscite une vive controverse. Depuis le 24 avril, le snack Sania, situé rue Coenraets, est fermé sur ordre du bourgmestre pour une période de six mois. Cette décision a été prise après que des contrôles policiers aient révélé des activités illégales dans l’établissement, notamment la saisie de 405 euros en liquide et de 80 grammes de cannabis lors d’une intervention le 4 avril.
Le gérant, qui a choisi de rester anonyme, se dit désemparé par cette situation qu’il considère comme une injustice. « Ce sont des clients, ils entrent, ils sortent », explique-t-il, soulignant qu’il n’a pas les moyens de contrôler les allées et venues de ses clients. Depuis la fermeture, il fait face à des difficultés financières, ayant contracté des dettes pour relancer son commerce après une période de chômage. « J’émarge au CPAS depuis deux mois », confie-t-il, déplorant l’absence d’avertissement préalable de la part des autorités.
L’avocat du gérant, Maître Nelson Briou, a contesté la légitimité de l’arrêté en se tournant vers le Conseil d’État. Selon lui, la loi de 1921 sur les stupéfiants permet au bourgmestre de fermer un établissement sur la base d’indices d’activités illicites, même si le gérant n’est pas directement impliqué. « C’est comme si finalement, le gérant était coupable d’avoir accueilli à son insu des personnes qui par ailleurs et par la suite seront impliquées dans des affaires de stupéfiants », déclare-t-il.
Jean Spinette, le bourgmestre de Saint-Gilles, défend sa décision en affirmant qu’il est essentiel de lutter contre le trafic de drogues dans le quartier. « Les tenanciers d’établissement sont responsables de la sécurité et de l’ordre public », insiste-t-il, ajoutant que des rapports ont établi un lien entre le snack et des activités de dealers. Pour lui, la fermeture est une mesure nécessaire face à la gravité de la situation.
Lors de l’audience au Conseil d’État, l’avocat a plaidé que fermer les commerces ne résoudrait pas le problème du trafic de drogue. Il a souligné l’importance des commerces pour la vie de quartier et a mis en garde contre les conséquences d’une telle fermeture sur l’économie locale. Toutefois, le Conseil d’État a rejeté la demande de suspension de l’arrêté, considérant que la situation dans le quartier justifiait cette décision.
Le gérant et son avocat poursuivent désormais leur combat pour éviter que l’arrêté ne soit renouvelé, ce qui pourrait mener à la faillite de son établissement.
