Belgique

Rentrée scolaire : incertitudes sur pertes d’heures et réaffectations des directions

L’été de Julie Landrieu, enseignante de langues, prend une tournure inattendue alors qu’elle se prépare à une rentrée scolaire incertaine. Après cinq années de service dans le même établissement, elle se retrouve à devoir réviser son CV, face à une réforme qui impacte bien plus que prévu son emploi du temps. Bien qu’elle ait anticipé des changements, la perte totale de ses heures de cours lui semble difficile à accepter. « Je savais que ça allait avoir des répercussions sur mon emploi du temps, mais de là à perdre toutes mes heures, j’avoue que j’étais un petit peu triste », confie-t-elle. Pour elle, cette école représente un attachement profond, et l’avenir reste flou.

Désormais, à partir de la 4e secondaire, les enseignants sont tenus d’assurer deux heures supplémentaires, une mesure qui redistribue les heures de cours et peut réduire le volume horaire pour certains. Dans le cas de Julie, ses heures sont transférées à d’autres enseignants ayant la priorité pour compléter leur charge. Pour retrouver un emploi du temps complet, elle pourrait être contrainte de travailler dans plusieurs établissements, ce qui complique non seulement son organisation quotidienne, mais également la mise en œuvre de projets pédagogiques qui lui tiennent à cœur. « Les voyages, les visites ou les city trips dans des villes flamandes demandent un investissement plus important. S’il faut gérer plusieurs écoles, cela peut devenir démotivant », ajoute-t-elle.

Les conséquences de cette réforme ne touchent pas uniquement les enseignants, mais également les directions d’école. Celles-ci doivent faire face à la réorganisation de l’emploi du temps et informer les enseignants concernés de la réduction de leurs heures ou de leur réaffectation dans d’autres établissements. Christel Depotte, directrice d’une école, a déjà dû annoncer à 16 enseignants que leurs heures allaient diminuer ou qu’ils seraient mis en disponibilité. « Nous mettons des enseignants en disponibilité dans de nombreuses disciplines : éducation physique, langues modernes, sciences, français… Et les autres écoles du centre d’enseignement secondaire feront probablement la même chose », précise-t-elle.

Les directeurs d’établissement devraient reprendre leurs fonctions le 17 août, moment où ils recontacteront les enseignants concernés pour discuter des possibilités de réaffectation. Pour beaucoup d’entre eux, la rentrée s’annonce donc marquée par l’incertitude, entre réajustements d’horaires, déplacements potentiels entre plusieurs écoles et la crainte de ne pas retrouver une charge complète.