Belgique

Quatre F-16 belges et une centaine de militaires en Islande pour sécuriser l’espace aérien

Après un vol de trois heures depuis la base militaire de Melsbroeck en Belgique, un petit avion atterrit sur la base aérienne de Keflavik, en Islande. À peine descendus, les journalistes qui accompagnent le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), sont accueillis par des militaires belges sous une pluie incessante. « Désolé pour le temps », lance l’un d’eux, tandis que Francken, souriant, déclare : « Nous sommes fiers de relever cette mission. »

La présence de la Défense belge sur le sol islandais s’inscrit dans le cadre d’une opération de l’Otan visant à sécuriser l’espace aérien de l’île. « L’Islande, c’est un pays de l’Otan, un pays frère, et il est crucial de protéger son espace aérien avec nos F-16 », explique le ministre.

Cette mission marque la deuxième fois en un an que la Belgique déploie ses forces en Islande. En août 2025, quatre F-16 et une centaine de militaires avaient déjà été envoyés sur cette base. La raison de cette présence est claire : l’Islande, géographiquement située entre l’Europe et l’Amérique du Nord, n’a pas de force aérienne propre et dépend donc de l’assistance de ses alliés.

Les F-16 belges, déjà utilisés pour des missions similaires dans les pays baltes, sont reconnus pour leur efficacité. « La compétence de nos pilotes est reconnue partout », affirme Francken. Ces pilotes sont formés pour intervenir rapidement, 24 heures sur 24, grâce à un système appelé « Quick Reaction Alert » (QRA). Ils doivent être prêts à décoller en moins de 15 minutes, bien que la situation en Islande leur offre plus de temps pour réagir, étant donné la distance qui les sépare du continent européen.

Les menaces potentielles, notamment celles venant de la Russie, sont au cœur des préoccupations. Un militaire souligne que des bombardiers et sous-marins russes peuvent se dissimuler près du Pôle Nord, échappant ainsi à la détection. « Il y a des satellites, mais le temps qu’ils passent au-dessus, l’ennemi peut déplacer ses appareils », précise-t-il.

Cette mission de sécurité en Islande, qui s’étendra sur un mois, sera la dernière pour les F-16 belges. À l’avenir, la Défense belge prévoit d’envoyer des F-35, le nouvel avion de chasse qui représente l’avenir de la force aérienne. « L’Islande est un terrain d’entraînement idéal pour nos nouveaux avions », conclut un militaire. En attendant, les F-16 arriveront à Keflavik ce vendredi après-midi pour assurer la sécurité de l’espace aérien islandais.