Procès du drame de Strépy : Me Mayence demande une lourde peine pour Paolo Falzone
Me Jean-Philippe Mayence présente une plaidoirie devant la cour d’assises, mentionnant ses 7 bougies qui représentent les 7 personnes décédées le 20 mars 2022. Il affirme que l’intention homicide est établie en se basant sur la jurisprudence, déclarant : « Quand vous agissez en connaissance des conséquences de vos actes, vous acceptez ces conséquences ».
C’est par une longue énumération que Me Jean-Philippe Mayence débute sa plaidoirie, sans introduire de commentaire. Il cite une multitude de noms, majoritairement à consonance italienne. Il adresse également une pensée à une personne présente ce jour-là, « qui est décédée par suicide, vous vous en souviendrez ». À l’issue de cette longue litanie, il se tourne vers Paolo Falzone : « C’est le nombre de blessés, de traumatisés à qui vous avez volé la vie et dont j’assume aujourd’hui la défense ».
L’avocat, devant son pupitre, projette une voix claire et maîtrisée. Devant lui, sept bougies sont allumées, symbolisant les personnes décédées le 20 mars 2022. Ayant pour objectif de convaincre les jurés, il prend le temps d’expliquer son raisonnement.
Maître Mayence a souvent été en défense, mais il a avoué que ce procès constituait « le plus difficile de sa carrière », bien qu’il ait également été avocat lors des attentats de Bruxelles. La singularité du cas actuel réside dans son engagement émotionnel avec de nombreuses victimes. « Je me souviens », dit-il, « de toutes ces audiences, de la chambre des mises en accusation, j’avais du mal à mettre des noms sur ce que j’avais lu. Et aujourd’hui, je vous connais tous ». Cependant, il interrompt cet élan de sincérité en désignant Paolo Falzone pour dire : « Lui, ça lui est égal ! »
Jean-Philippe Mayence poursuit son allocution en louant chaque victime : « Je vous admire tous, et chacun d’entre vous. Je voudrais tellement vous donner ce que je ne sais pas vous rendre ». Respectant l’émotion du moment, il affirme : « Ce qui est détruit est parti, mais moi je suis parti au combat ».
Il explique ensuite que ce qui s’est passé n’était pas un « simple » accident de la route. Il évoque les témoignages des victimes qui décrivent « des cauchemars, des os brisés, l’horreur dans toute son extrême ». Il rajoute trois noms à ses dires : « Laure Gara, Fred Cicero, Fred D’Andrea ». Il s’adresse directement à Paolo Falzone en disant : « Ceux-là, vous ne leur avez pas seulement pas brisé les os. Vous les avez tués ! »
Le ton s’intensifie alors qu’il dénonce le mépris et les mensonges de l’accusé : « Votre dédain, et vos mensonges sont autant de crachats à leur visage ! » Il essaie de prévenir que ce n’était pas un accident. En l’affirmant, il souligne la différence entre un procès d’accidents routiers et un procès où il y a intention de nuire. « Aujourd’hui, alors que moi je suis ému, vous ! Ça ne vous touche pas ! Vous n’avez pas même la dignité d’être un homme avec des mots adéquats ».
Me Mayence indique que lorsque ce nom est prononcé, les accusés expriment des larmes. « Pour le reste, rien ! Elles vous ont donné une leçon d’humanité ! Vous, votre petite personne ! Et rien que votre petite personne ! Il ne faudra pas vous lamenter quand ce sera l’heure des comptes. Parce que je pense que le mot ‘compassion’ vous est totalement étranger ».
Dans cette montée de tension, Me Mayence subitement fronde contre les accusés et leur comportement. Il souligne aussi que cet incident était tout sauf un accident. « Moi je vous parle de meurtre. Et je vous parle même d’assassinat ». Son récit aborde cette notion de « rébellion avec arme », où un véhicule peut devenir une arme. Il martèle que le conducteur a choisi cette option d’utiliser la voiture pour tuer, « non pas une, pas deux, pas trois, pas quatre, pas cinq, pas six mais sept personnes ! »
L’avocat, avec force, aborde l’intention de l’accusé de tuer. « Il a tout choisi au point que ce dont nous parlons ici en était un inévitable aboutissement ».
Dans cette phase stratégique de sa plaidoirie, Jean-Philippe Mayence aborde également les mensonges et contradictions des accusés lors des interrogatoires, remettant en question leur audace à dissimuler la vérité à celles et ceux dont ils ont volé la vie. « Quand on ment, pourquoi ment-on ? Si on n’a rien à cacher ? », interroge Me Mayence, se basant sur les réponses incohérentes venant du principal accusé.
Les jurés, attentifs et mobilisés face à l’articulation passionnée et acerbe de Me Jean-Philippe Mayence, sont invités à prendre en compte chaque détail de son argumentation afin de rendre un jugement juste et éclairé.

