Procès des tirs station Clemenceau : 13 et 11 ans de prison pour les auteurs
La 47e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné Y. A. à 13 ans de prison et Z. Y. à 11 ans de détention pour avoir fait usage d’une arme à feu à la sortie de la station Clemenceau, à Anderlecht. Le parquet avait requis 16 ans de détention ferme contre Y. A. et 14 ans contre Z. Y., qui a reconnu les faits.
Ce vendredi matin, la 47e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné Y. A. à 13 ans de prison pour avoir utilisé une arme à feu à la sortie de la station Clemenceau, à Anderlecht. Son complice, Z. Y., a été condamné à 11 ans de détention. La présidente a souligné la gravité des faits.
Les événements reprochés avaient marqué les esprits. Survenus le 5 février 2025, ils avaient été filmés et largement diffusés sur des sites d’information et les réseaux sociaux, symbolisant l’augmentation de la violence armée et des règlements de comptes liés au trafic de drogues dans la capitale.
Ce matin-là, il était 6h et il faisait encore sombre sur la place Clemenceau. Y. A. et Z. Y. attendaient depuis 22 minutes dans la station de métro avant d’en sortir, armés de fusils d’assaut. Y. A. portait un AK-47, tandis que Z. Y. avait une carabine M4. Y. A. a tiré à 23 reprises (six rafales) en direction de dealers se déplaçant à trottinettes, ceux-ci provenant de la cité du Peterbos, toujours à Anderlecht, qui avaient pris possession du point de deal de Clemenceau. Leur objectif était de les chasser. Aucun blessé n’a été signalé ce matin-là, mais une balle a atteint la chambre d’un enfant vivant dans une maison voisine.
Après avoir tiré, les auteurs ont fui par le tunnel du métro, obligeant les forces de police à demander l’arrêt du réseau de la STIB. Z. Y. a été interpellé quelques heures plus tard dans le quartier.
Le procès de Y. A. et Z. Y. a débuté début juin devant la 47e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, en l’absence de Y. A. Toutefois, son avocate a appris pendant le procès qu’il n’était plus en cavale, mais détenu, et il s’est donc présenté à l’audience. J. M., 72 ans, est le troisième prévenu dans cette affaire. C’est chez lui que le duo s’est rendu pour cacher ses armes.
Lors des débats, le procureur du roi avait requis 16 ans de détention ferme contre Y. A. pour tentative d’assassinat, organisation de malfaiteurs et port d’arme. Il avait également demandé 14 ans pour Z. Y., 21 ans, qui n’avait pas utilisé son arme et avait reconnu les faits. Pour le parquet, les deux hommes étaient venus place Clemenceau « pour tuer ». « Ils sont venus en étant préparés avec des armes de guerre », avait ajouté le procureur du roi.
Lors de sa plaidoirie, l’avocat de Z. Y., Maître Nicolas Crutzen, a insisté sur le fait que son client était « visiblement en train de se dégonfler ». « Fort heureusement, aucune balle n’est sortie de son arme », a-t-il affirmé. Son client avait déclaré lors de son audition qu’il avait mis une balle à l’envers dans son arme pour l’enrayer. « Je sais que j’ai fait une grosse erreur. J’étais encore jeune. Je demande au tribunal une deuxième chance, on peut dire cela comme ça. Je regrette », a déclaré Z. Y. selon l’agence Belga.
Concernant J. M., le parquet avait requis cinq ans de prison. Il a finalement été condamné à 3 ans de prison, avec un sursis probatoire de 5 ans, évitant ainsi la prison à condition de respecter les obligations de cette période.
En 2025, la police avait enregistré environ une centaine d’incidents de tirs sur le territoire bruxellois, soit en moyenne un tous les trois jours.
