Belgique

Prix de l’essence, diesel et mazout : « Il faudra du temps pour revenir à la situation d’avant la guerre en Iran »

Les prix des carburants en Belgique demeurent préoccupants, avec des tarifs qui ne cessent d’osciller. Actuellement, le litre de diesel atteint un plafond de 2,24 euros, tandis que l’essence 95 octanes s’affiche à 1,96 euros. Le gasoil de chauffage, quant à lui, coûte 1,29 euros. Malgré une légère détente observée début juillet, les tarifs restent élevés, rappelant ceux de mars et avril, période marquée par le début du conflit au Moyen-Orient qui avait fait grimper le baril de Brent au-delà des 100 dollars.

Aujourd’hui, le baril se négocie entre 85 et 90 dollars, mais cette baisse ne se reflète pas à la pompe. Jean-Benoît Schrans, porte-parole de la fédération belge de l’industrie des carburants, Energia, souligne que le prix à la pompe ne dépend pas uniquement du coût du pétrole brut. Il précise : « Il n’y a qu’une partie du prix à la pompe qui est liée directement aux cotations sur les marchés, donc au pétrole brut Brent. Les autres éléments, ce sont le prix du raffinage, le transport, la marge de distribution et les taxes et accises. »

Ces taxes et accises jouent un rôle majeur dans le coût final pour les consommateurs. En 2025, les accises sur l’essence 95 E10 représentaient 38 % du prix maximum, tandis que pour le diesel, ce chiffre était de 36 %. En tenant compte de la TVA, cela équivaut à 55 % pour l’essence 95 et 53 % pour le diesel.

Un autre facteur à considérer est l’augmentation de la proportion de biocarburants intégrés dans les carburants classiques, ce qui contribue également à la hausse des prix. Ainsi, si le prix du baril de Brent n’est pas le seul déterminant des coûts à la pompe, les automobilistes pourraient devoir s’habituer à des tarifs autour de deux euros le litre. Jean-Benoît Schrans d’Energia résume la situation : « La seule certitude aujourd’hui, c’est l’incertitude. Le marché est tellement volatil en ce moment que c’est impossible de prévoir comment les prix vont évoluer. La situation géopolitique depuis six mois a engendré une instabilité dans l’approvisionnement du pétrole brut et du diesel dans le monde. Donc il va falloir beaucoup de temps pour retrouver une situation comparable à ce que l’on a connu avant la guerre en Iran. »

Actuellement, les prix des carburants en Belgique ont augmenté d’environ 20 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient, illustrant l’impact direct de la conjoncture internationale sur le portefeuille des consommateurs.