
Présidentielle française 2027 : la justice décide sur l’éligibilité de Marine Le Pen.
Marine Le Pen, cheffe de file de l’extrême droite française, doit se présenter ce mardi à 13h30 devant la cour d’appel de Paris pour l’affaire des assistants d’eurodéputés du Rassemblement national (RN). Le 31 mars 2025, elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme, à 100.000 euros d’amende et à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.
Le sort politique de Marine Le Pen, leader de l’extrême droite en France, sera déterminé ce mardi à 13h30 devant la cour d’appel de Paris, où les juges doivent rendre leur décision concernant l’affaire des assistants d’eurodéputés du Rassemblement national (RN).
Une peine d’inéligibilité de plus de deux ans, ou une peine de prison avec un bracelet électronique, l’empêcherait de se présenter une quatrième fois à l’élection présidentielle, alors qu’elle est, à 57 ans, l’une des favorites pour le scrutin fixé aux 18 avril et 2 mai 2027.
Le 31 mars 2025, le tribunal judiciaire de Paris l’a reconnue coupable d’avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système » qui visait à rémunérer des employés du Front national (devenu Rassemblement national) en période de difficultés financières, avec des fonds du Parlement européen. Le Parlement européen a évalué le préjudice à plusieurs millions d’euros. Elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme, à 100.000 euros d’amende et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
Le parquet considère qu’elle a été « l’instigatrice » d’un schéma hérité de son père Jean-Marie Le Pen, qui était passé d’un « système à la bonne franquette » à une « professionnalisation » après avoir pris la direction du parti en 2011.
### Marine Le Pen nie les accusations
Si les magistrats confirment le jugement de première instance ou imposent une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans, elle serait définitivement exclue de la course à l’Élysée.
Depuis sa condamnation en première instance le 31 mars 2025, Marine Le Pen est inéligible. Le premier tour de l’élection est prévu pour le 18 avril 2027 et le second pour le 2 mai. De même, si la cour d’appel suit les recommandations du parquet et prononce une peine de prison ferme avec bracelet électronique, la dirigeante de l’extrême droite française pourrait choisir de renoncer à sa candidature, comme elle l’a déclaré mercredi dernier sur LCI : « Si je peux être candidate, je serai candidate, pour peu que je puisse faire campagne. Quand on est candidat à l’élection présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ce n’est pas le cas si l’on porte un bracelet électronique. »
En cas de condamnation, elle aura dix jours pour faire appel. Elle a déjà évoqué à plusieurs reprises que la décision de la cour d’appel influencerait sa candidature.
### Jordan Bardella en solution de repli
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, est également concerné par plusieurs enquêtes judiciaires. Le parquet européen enquête sur des soupçons de fraude aux fonds européens concernant des formations aux médias dont il aurait bénéficié durant la campagne présidentielle de 2022. Une autre enquête vise d’éventuels détournements de fonds de l’Union européenne par l’ancien groupe parlementaire européen Identité et démocratie, dont le Rassemblement national faisait partie. Enfin, une plainte d’une association anticorruption française l’accuse d’avoir occupé un emploi fictif d’assistant parlementaire européen en 2015, tout en participant à la production de faux. Le RN a dénoncé une « manipulation », affirmant que Bardella n’a jusqu’à présent pas été poursuivi dans cette affaire.
### Une peine d’inéligibilité réduite pour lancer la campagne ?
Les magistrats peuvent aussi décider de relaxer Marine Le Pen. Dans ce cas, son avenir politique serait éclairci : elle redeviendrait immédiatement éligible et serait blanchie de toute condamnation pénale. Cependant, cette option semble peu probable.
La cour d’appel pourrait enfin choisir de réduire la peine d’inéligibilité prononcée en première instance. Une réduction à deux ans, ou moins, pourrait lui permettre de participer au scrutin, d’autant que le délai d’inéligibilité court depuis mars 2025. Marine Le Pen pourrait alors annoncer sa candidature peu après. Cette hypothèse a d’ailleurs regagné de la crédibilité récemment dans les discussions privées de responsables politiques, y compris le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Si Marine Le Pen se lançait dans la course, Bardella redeviendrait alors son Premier ministre désigné en cas de victoire.
