Près de 52.000 scouts partent pour les camps d’été en Belgique ce week-end.
Des recommandations précises sont diffusées par Gilles Beckers, qui indique qu’il y a une vague de chaleur annoncée pour la semaine prochaine et qu’il est important d’adapter les activités en fonction des heures les plus chaudes. L’organisation ne prévoit pas d’annulation mais des adaptations sur le terrain en raison de la situation actuelle.
Canicule, même pas peur
Bien avant que les jeunes ne partent, des recommandations précises sont diffusées, souligne Gilles Beckers : « Aujourd’hui, on est dans l’anticipation, dans les messages. On sait qu’on va avoir des épisodes caniculaires qui vont être plus importants. Il y a déjà une vague de chaleur qui est annoncée pour la semaine prochaine. On sait qu’il y a aussi des risques d’orage qui peuvent arriver. Nous, on anticipe toutes ces choses-là. On fait passer des messages déjà en amont vers nos animateurs. Au moment où ces épisodes vont arriver, on cible les messages vers les zones qui sont concernées, afin qu’eux puissent adapter leurs activités en fonction« .
Quels sont les conseils prioritaires ? Il s’agit tout d’abord d’adapter les activités en fonction des heures les plus chaudes. « La vague de chaleur de la semaine dernière a bien fait comprendre à tout un chacun qu’il y avait une série d’activités qui n’étaient pas réalisables aux heures les plus chaudes de la journée. Il s’agit aussi de boire de l’eau régulièrement, de faire bien attention à la potabilité de l’eau« , ajoute Gilles Beckers. Pour le moment, l’organisation ne prévoit pas d’annulation, mais donc des adaptations sur le terrain.
Qui dit camp d’été dit feu de camp
Le traditionnel feu de camp est cependant interdit en province du Luxembourg, pour éviter les départs de feu : « Le gouverneur de la province du Luxembourg a pris un arrêté dès la semaine dernière pour interdire les feux, hormis les feux de cuisson qui sont des dispositifs surélevés. Ils sont assimilés à un barbecue et présentent moins de risques. Ceux-là, aujourd’hui, ils ne sont pas encore interdits. Ça pourrait évoluer. En 2019, ça avait été le cas. Il y avait eu une interdiction généralisée pour l’ensemble des feux« . Cependant, à l’heure actuelle, l’interdiction ne concerne que le sud du pays.
Les maîtres mots sont donc adaptation et vigilance. Cela sera également le cas pour les orages.
Le représentant des scouts insiste sur l’importance de choisir judicieusement les activités : « On va éviter d’aller faire des activités dans les bois ou aux abords des rivières au moment où il y a des orages importants. On va arrimer solidement les tentes, on va éviter d’aller s’abriter sous des arbres ou des structures hautes qui vont être isolées« , précise Gilles Beckers.
« Aujourd’hui, ce sont là les principales précautions à prendre. En cas d’orages particulièrement violents, avec des risques de tempêtes, il y a aussi des possibilités de mise à l’abri, mais qui vont être beaucoup plus localisées. On collabore avec les autorités communales mais aussi avec le Cortex (le centre de Coordination des Risques et de la Transmission d’Expertise – spécialisé dans la gestion des risques et des crises en Wallonie, ndlr.) qui va pouvoir nous avertir des risques de manière localisée aussi« .
Trouver un lieu de camp ? Un casse-tête
S’installer dans une prairie, dans la cour d’une ferme, ou dans un bâtiment cédé pour l’occasion est devenu très compliqué, notamment depuis l’instauration des rythmes scolaires. Du côté de la fédération du scoutisme, ce problème était anticipé : « On savait que le fait de réduire une partie des vacances allait entraîner une pression, un effet d’entonnoir avec plus de camps qui se déroulent au même moment. Aujourd’hui, ça fait plusieurs années que la réforme des rythmes scolaires est entrée en vigueur. Ce n’est pas spécialement plus simple aujourd’hui de trouver des camps. On continue à chercher à développer l’offre d’endroits de camps parce qu’en parallèle de cette pénurie, on voit aussi une augmentation assez importante du prix« , précise le porte-parole de la fédération des scouts.
Gilles Beckers souligne ainsi une hausse particulièrement marquée des prix des prairies et des structures en bois nécessaires aux camps. « Sur les six dernières années, on a eu une augmentation d’environ 40% du prix des camps. C’est vraiment extrêmement important et ça se marque malheureusement directement sur les familles puisque ça se répercute sur les prix des camps« .
Classique, à l’étranger ou itinérant
Le camp scout classique occupe généralement une prairie. Certains opts pour des bâtiments solides. Cependant, il existe également des camps qui se déroulent à l’étranger, au nombre d’environ 400 (23% des camps).
Comme l’indique Gilles Beckers, s’installer à l’extérieur des frontières est une option face à la pénurie de terrains disponibles : « C’est un petit peu plus qu’avant, suite notamment à l’entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires et à l’augmentation de la pression sur les endroits de camp. On a encouragé nos groupes à aller explorer les zones frontalières que ce soit en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg ou en Allemagne. On a aussi évidemment toute une série de camps qui vont être plus éloignés, les camps des pionniers, donc les 16-18 ans, qui eux vont parfois plus loin« .
16% des camps sont également itinérants. Ces camps nomades permettent de découvrir chaque jour un nouvel endroit avec de nouvelles activités. « C’est surtout destiné aux plus âgés« , explique Gilles Beckers. « On va co-construire avec eux le programme et le projet du camp, ce qui va permettre de construire un projet varié dans lequel tout le monde va
pouvoir se retrouver
« . Aller à la mer à vélo, prendre le train pour s’occuper de l’intendance dans un autre camp, puis se rendre dans un centre pour demandeurs d’asile de la Croix-Rouge pourrait être le programme de l’un de ces camps. Ces camps itinérants ont souvent une vocation sociale.
