Belgique

Premières images des huit louveteaux de la forêt d’Anlier

Huit jeunes loups, enjoués et curieux, ont été observés en train de jouer dans la forêt d’Anlier, attendant le retour de leurs parents partis chasser. Ces images, capturées par un piège photographique par Guillaume De Decker, responsable de mission environnement au Parc naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, offrent un aperçu rare de la vie de ces louveteaux.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un soutien technique au Département Nature et Forêt (DNF) de la Région Wallonne. La particularité de ces clichés réside dans leur prise de vue à l’aube, permettant d’obtenir des images colorées, contrairement aux photos nocturnes souvent floues et sombres. Guillaume De Decker a relevé le piège la semaine dernière et a constaté avec enthousiasme : « La meute est restée quelques minutes devant la caméra. J’ai pu voir qu’il y avait huit louveteaux, déjà assez grands. Ils jouaient entre eux comme des chiots en attendant leurs parents partis chasser. C’étaient des images assez sympas à voir. »

Depuis le retour des loups en forêt d’Anlier, plusieurs caméras ont été installées pour suivre l’évolution de la meute. Avec un couple établi, la naissance de louveteaux était attendue. Patrick Verté, chef du cantonnement DNF d’Habay, a déclaré : « On s’en doutait, on a longtemps cherché, on a fini par avoir une preuve la semaine passée. » La naissance des louveteaux semble avoir eu lieu entre fin mai et début juin.

L’année prochaine, la meute pourrait encore s’agrandir. « C’est un fait maintenant, il y a une dizaine de loups dans la forêt d’Anlier qui devrait être complétée l’année prochaine par une nouvelle portée. » Les jeunes loups demeurent avec leurs parents durant les deux premières années de leur vie avant de se disperser à la recherche d’un nouveau territoire.

Concernant les interactions entre ces loups et les activités humaines, il est essentiel de souligner que, jusqu’à présent, leur comportement est jugé normal. « Il faut vraiment être rassuré : jusqu’à présent, ces loups ne se sont pas montrés près des villages, ils ne sont pas observés durant la journée et, chaque fois qu’ils ont croisé un humain, ils ont eu peur », explique un expert. Les promeneurs peuvent donc circuler en toute sécurité dans la forêt, même avec des chiens tenus en laisse. L’an dernier, lors des chasses, les loups ont rapidement fui devant les chiens des chasseurs.

Cependant, la présence des loups pose des défis, notamment pour les éleveurs. Bien qu’une seule attaque sur des moutons ait été signalée, celle-ci a été significative, avec une vingtaine d’animaux tués. Des mesures ont été mises en place pour aider les éleveurs, comme la fourniture de matériel pour sécuriser les troupeaux, notamment des clôtures électrifiées. « On espère que cela va suffire au moins pour les prochaines années », ajoute Patrick Verté.

En forêt d’Anlier, un éleveur a réussi à protéger ses moutons grâce à une clôture électrifiée et deux chiens de protection, sans qu’aucune attaque ne soit signalée depuis dix ans. Lorsque les loups s’installent dans une région, une « zone de présence permanente » est établie, permettant aux éleveurs de bénéficier d’aides pour protéger leurs animaux.

Les loups, en reproduisant les comportements appris au sein de leur meute, semblent privilégier les proies sauvages. « Via des analyses ADN, on sait qu’on a ici des descendants d’une meute qui préfère s’attaquer à des proies sauvages qu’à des animaux d’élevage », précise un spécialiste. En forêt d’Anlier, la meute se concentre sur le gibier, prélevant entre 150 et 200 proies par an, ce qui représente environ 10 % du tableau de chasse. « La meute ne va donc pas impacter de manière importante les populations de gibier », conclut Patrick Verté.

En Wallonie, les naissances de louveteaux ont été nombreuses cette année : au moins cinq à Saint-Hubert, huit en forêt d’Anlier, un au nord des Hautes-Fagnes, six au sud des Hautes-Fagnes, cinq à La Gileppe, et six dans le nord de l’Eifel, tandis qu’aucune naissance n’a été constatée en Ardenne liégeoise.