
PISA 2025 : recul des résultats des élèves francophones, inégalités scolaires en baisse
Près de 800 000 élèves ont récemment participé à des tests dans 91 pays, dont 38 membres de l’OCDE. En Fédération Wallonie-Bruxelles, un échantillon de 2819 élèves nés en 2009 a été examiné. Ces jeunes, qui étaient en 5e primaire durant la pandémie de Covid-19, ne sont pas concernés par la réforme du tronc commun ni par les nouveaux référentiels du Pacte pour un enseignement d’excellence. Par conséquent, les résultats obtenus ne permettent pas d’évaluer l’impact de cette réforme.
Un constat marquant de cette édition 2025 est que la Fédération Wallonie-Bruxelles « n’est plus en queue du classement international en matière de déterminisme social, même si elle reste encore sous la moyenne internationale », selon le service d’analyse des Systèmes et Pratiques d’enseignement (aSPe) de l’ULiège. Historiquement, le système éducatif belge a été critiqué pour ses inégalités, avec des écarts de résultats significatifs selon le statut socio-économique et l’origine migratoire. Cependant, ces écarts se réduisent de manière significative, grâce à l’amélioration des résultats des élèves issus de l’immigration et des moins favorisés.
À 15 ans, d’autres inégalités persistent, notamment en lien avec les filières scolaires et le redoublement. Dans la filière de transition, les résultats en sciences sont particulièrement bons, surpassant même la moyenne japonaise, qui est la plus élevée parmi les pays de l’OCDE. Cette amélioration est attribuée à une diminution du redoublement, permettant à un plus grand nombre d’élèves d’être « à l’heure » en quatrième secondaire.
Cependant, 35 % des élèves de 15 ans sont encore concernés par le redoublement, un taux jugé « particulièrement élevé en comparaison internationale ». En ce qui concerne les résultats globaux des tests PISA, ceux-ci sont influencés par le fait que les élèves sont évalués selon leur âge, et non leur année d’études. Cela crée des disparités, notamment entre les élèves de quatrième année de transition et ceux en troisième technique de qualification ou professionnelle.
La structure éducative en Fédération Wallonie-Bruxelles, qui suit un modèle « germanique », est caractérisée par des filières précoces et un taux de redoublement élevé. En revanche, les systèmes éducatifs anglo-saxons et asiatiques, qui affichent de meilleures performances, se distinguent par un faible taux de redoublement et un tronc commun long et flexible.
Concernant les résultats internationaux, ceux de 2025 sont les plus faibles jamais enregistrés. La Fédération Wallonie-Bruxelles suit cette tendance, mais ses résultats restent proches de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués. En sciences, la stabilité des résultats est « notable » dans un contexte international difficile. Les chutes drastiques observées en Flandre et aux Pays-Bas sont également à souligner.
La baisse générale des résultats est attribuée à plusieurs facteurs post-pandémiques, tels qu’une diminution de l’attention des élèves, des difficultés face aux tâches complexes, et un climat scolaire moins favorable.
En lecture, la Fédération Wallonie-Bruxelles obtient un score moyen de 466, légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (461), bien que cette baisse de 12 points soit moins marquée qu’en Flandre. En mathématiques, la diminution est de 31 points, ce qui est l’une des plus faibles baisses parmi les systèmes éducatifs, tandis que les résultats en sciences restent stables, avec une perte de points moins significative que dans d’autres régions.
La chercheuse Valérie Quittre de l’ULiège avance que la résistance relative du système éducatif en Fédération Wallonie-Bruxelles pourrait être liée aux réformes engagées depuis 2015, même si les élèves évalués n’ont pas été formés selon les nouveaux référentiels. Les méthodes d’enseignement en sciences pourraient également être en adéquation avec les critères d’évaluation des tests PISA, contribuant ainsi à la stabilité des résultats.
