
Paolo Falzone coupable de sept meurtres, son passager pas coupable.
Paolo Falzone est reconnu coupable de sept meurtres et 80 tentatives de meurtre, les jurés ayant suivi l’analyse défendue par les parties civiles et l’avocat général concernant l’intention de tuer. Antonino Falzone, le passager lors du drame, a été jugé coupable de non-assistance à personne en danger à 59 personnes dont 5 mineures.
« Je vais insister pour que cet arrêt soit lu dans le respect. Que la dignité et la sérénité, présentes depuis le début de ce procès, soient préservées. Je sais que je peux compter sur vous et je vous en remercie. » Il est 11h36 lorsque, dans une salle pleine à craquer, la présidente de la Cour prononce le verdict : Paolo Falzone est reconnu coupable de sept meurtres et 80 tentatives de meurtre. Les douze jurés ont ainsi suivi l’analyse des parties civiles et de l’avocat général concernant l’intention de tuer. L’atmosphère dans la salle est étrange. Le soulagement et l’émotion se lisent sur le visage de certaines parties civiles, tandis que d’autres semblent absorbées, attendant d’entendre les motivations des jurés.
La présidente développe les nombreux arguments de l’arrêt justifiant cette décision de retenir l’intention homicide. L’état d’esprit de l’accusé avant les faits est mis en avant. « La question n’était plus de savoir si Monsieur Falzone allait un jour causer un accident mortel, mais à quel moment », souligne l’arrêt, constatant une conduite « particulièrement dangereuse et totalement irresponsable faisant fi des règles élémentaires de sécurité à l’égard des autres usagers. »
Le rôle du téléphone a également été prépondérant. En effet, Paolo Falzone l’utilisait pour filmer ses pointes de vitesse. Le fait qu’il ait illégalement amélioré la puissance de sa BMW série 5, qu’il qualifie lui-même de « petite bombe » sur les réseaux sociaux, est aussi décisif. « Paolo Falzone considère que la route lui appartient et qu’elle constitue son terrain de jeu pour la réalisation de ses stories, imposant aux autres usagers de s’écarter de son chemin. L’ensemble de ces éléments attestent qu’il a fait de ce puissant véhicule une arme », poursuit la présidente.
Pendant la lecture, le désormais condamné, vêtu de noir, reste figé, fixant un point devant lui comme à chaque jour d’audience depuis six semaines.
Un autre élément pris en compte a été le choix du trajet et l’attitude du conducteur avant le drame. Les jurés ont relevé, sur la base des éléments exposés durant le procès, que Paolo Falzone avait fait le choix illogique de ramener son ami par une rue limitée à 50 km/h, « ce dont il avait parfaitement connaissance », plutôt que de prendre l’autoroute. Cela tout en tenant son volant d’une seule main, son GSM dans l’autre pour réaliser « une belle story » et en enfonçant la pédale d’accélération au maximum. « Paolo Falzone a donc, volontairement et en connaissance de cause, fait le choix de lancer sa petite bombe », concluent les jurés.
Enfin, en s’appuyant sur les conclusions de l’expert automobile, le jury a noté que le conducteur aurait pu et dû freiner au moment où le cortège était visible sur la chaussée « particulièrement bien éclairée », mais qu’il ne l’a pas fait. « L’accusé a fait le choix de ne pas effectuer de freinage d’urgence en temps requis, préférant ralentir et poursuivre sa vidéo. Il a également fait le choix, délibéré et en connaissance de cause, de n’effectuer aucune manœuvre d’évitement et de maintenir sa trajectoire. »
### Pas d’assassinat
La circonstance aggravante de préméditation n’a, en revanche, pas été retenue. Le jury n’a donc pas considéré que Paolo Falzone avait mûrement réfléchi avant de rouler sur le gille Frédéric D’Andrea, transporté sur le capot de sa BMW durant 22 secondes avant de chuter puis d’être écrasé. Il s’agit toutefois bien d’un meurtre. « L’accusé a, au-delà de tout doute raisonnable, volontairement freiné afin de faire chuter le gille D’Andréa. Une fois ce dernier au sol, c’est tout aussi volontairement qu’il a choisi de ne pas immobiliser son véhicule et de poursuivre sa route en franchissant le corps, aucune manœuvre d’évitement n’ayant été réalisée. »
Sans assassinat, Paolo Falzone échappe à la réclusion à perpétuité, soit la sanction pénale la plus sévère. Le conducteur encourt néanmoins une peine pouvant aller jusqu’à trente ans de prison.
### Antonino Falzone coupable de non-assistance à personne en danger
Antonino Falzone, le passager lors du drame, a été jugé coupable de non-assistance à personne en danger à 59 personnes dont 5 mineures, ce qui constitue une circonstance aggravante. Il encourt une peine de deux ans de prison.
Dès mardi, la défense et l’avocat général plaideront sur cette question de la peine. Les douze jurés repartiront ensuite en délibération dès l’après-midi, aux côtés de la présidente et de ses deux juges assesseurs, qui disposeront cette fois d’une voix délibérative. L’arrêt sur la peine est attendu le lendemain, ce mercredi 17 juin.
