Nouveau contrat pour LETEC : des résultats, pas seulement des promesses ?
LETEC s’engage à garantir une offre équivalente à plus de 100 millions de kilomètres parcourus chaque année d’ici fin 2025, avec un recalibrage de 2% dès 2026. Le gouvernement vise un taux de couverture de 14% en 2030, nécessitant une augmentation des recettes propres du TEC.
Le cœur de la réforme repose sur un principe simple : ne plus promettre plus que ce qui peut être réellement assuré. LETEC, récemment rebaptisé, s’engage désormais à garantir une offre équivalente à plus de 100 millions de kilomètres parcourus chaque année, niveau de référence prévu à la fin de 2025. Cependant, cette offre sera ajustée de 2% dès 2026 afin de mieux refléter la réalité du terrain.
L’objectif est clair : moins d’effets d’annonce et davantage de trajets réellement effectués. Le contrat devient entièrement financé et encadré par un suivi renforcé, comprenant des rapports annuels, un comité de contrôle et une justification précise de l’utilisation des fonds publics.
« Aligner les objectifs et les moyens financiers, c’est la condition pour renforcer durablement LETEC », déclare François Desquesnes, Ministre wallon du territoire, des infrastructures, de la mobilité et des pouvoirs locaux.
Un autre changement majeur est que LETEC gagne en autonomie. L’opérateur pourra adapter plus rapidement son offre en fonction des besoins, mais devra atteindre des résultats mesurables, notamment en termes de ponctualité, de qualité de service, de fréquentation et de rentabilité. Un plan de transport actualisé tous les trois ans sera mis en œuvre chaque année.
« Il s’agit de donner à LETEC plus de marge pour faire mieux et transporter davantage de passagers », ajoute le ministre.
Sur le terrain, cela se traduira par une offre plus flexible, avec un renforcement du transport à la demande, notamment dans les zones rurales, accompagnée d’un déploiement progressif de véhicules électriques : 10 d’ici 2028, 30 en 2029, 50 en 2030 et 60 en 2031.
Le contrat vise également à mieux connecter les zones économiques et touristiques pour faire du transport public un outil de développement local. L’intermodalité avec le train sera renforcée, avec l’adaptation d’au moins cinq gares d’ici fin 2026, suivie de dix nouvelles chaque année et des horaires mieux synchronisés entre bus et trains.
Les priorités incluent le paiement par carte bancaire dans les bus, la mensualisation de certains abonnements et une information en temps réel plus fiable, avec un objectif de fiabilité maximale des données d’ici 2028.
Sur le plan financier, le gouvernement fixe une trajectoire claire : atteindre un taux de couverture de 14% en 2030. Cela signifie que davantage de coûts devront être couverts par les recettes propres du TEC, grâce à une augmentation de la fréquentation, une lutte renforcée contre la fraude et une tarification plus équilibrée (avec certaines gratuités qui pourraient être remises en question ?).
Enfin, le contrat prévoit un service garanti en cas de grève, avec une information des usagers au moins 48 heures à l’avance, ainsi qu’un recentrage du TEC sur son cœur de métier, avec le transfert de certaines missions comme le transport scolaire à l’administration à partir de 2028.
« Notre ambition, c’est une entreprise publique qui déploie un service de transports fiable, proche des besoins du terrain et solide dans la durée », conclut François Desquesnes.
Ce nouveau contrat marque un tournant : un LETEC plus autonome, mais aussi plus contrôlé, avec des objectifs chiffrés et une exigence de résultats.

