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Mussolini, un dictateur argentin, un cheikh koweïtien : 3 ingérences politiques avant Trump à la Coupe du monde 2026

Benito Mussolini utilise la Coupe du monde 1934 comme un outil de propagande, bien qu’il n’aime pas le football. En 1978, Jorge Rafael Videla devient président par la force et cherche à asseoir son autorité grâce au football, ce qui coïncide avec la victoire de l’Argentine 6-0 face au Pérou.


Le premier à avoir forcé le destin de son équipe nationale est Benito Mussolini. Alors que l’Italie organise la Coupe du monde en 1934, le chef du gouvernement souhaite utiliser cet événement comme un outil de propagande, malgré son désintérêt pour le football. L’essentiel pour lui se trouve ailleurs, et cela ne sera peut-être pas pour les bonnes raisons. À une époque où la discipline est moins régie, le Duce « transfère » des joueurs. Luis Monti, défenseur argentin de la Juventus de Turin, choisit de représenter l’Italie après avoir été en équipe d’Argentine lors du Mondial 1930. Ce choix est motivé par des promesses de maisons et de voitures faites par Mussolini et son entourage à ceux qui rejoindraient la Squadra Azzurra, un moyen de pression qui ne sera pas isolé durant l’été 1934.

En quart de finale, l’Italie affronte l’Espagne dans un match bouleversé où les Italiens égalisent sur une phase litigieuse, peu de temps après un penalty non sifflé pour les Espagnols. Le match se termine à 1-1 et est rejoué avec un arbitre différent. Les Italiens remportent la rencontre et se qualifient pour la demi-finale contre l’Autriche. Mussolini s’illustre à nouveau en invitant l’arbitre à dîner la veille du match, suffisamment pour neutraliser une faute manifeste sur le seul but du match. En finale, avec le même arbitre, l’issue se répète. Le fascisme, sous l’égide de Mussolini, vient de marquer de son empreinte un Mondial qui sera à jamais gravé dans l’histoire italienne.

Dans un autre contexte, l’Argentine, grande nation de football, tarde à ouvrir son bilan mondial. Comme l’Italie, les Sud-Américains tirent parti d’une Coupe du monde organisée chez eux pour réussir. Devenu président par la force en 1976, Jorge Rafael Videla souhaite asseoir son autorité grâce au football en 1978. Les Argentins, tenus en échec par le Brésil, doivent gagner par quatre buts d’écart face au Pérou pour atteindre la finale. Contre toute attente, l’Argentine s’impose 6-0, encaissant autant de buts que sur les cinq autres rencontres de leur adversaire. En finale, Mario Kempes et ses coéquipiers triomphent des Pays-Bas de Robert Rensenbrink. Bien que des soupçons de corruption émergent, ils ne seront jamais prouvés.

Une certitude demeure : Videla a rencontré les joueurs péruviens juste avant la demi-finale, et quelques semaines plus tôt, la dictature argentine avait expurgé 13 opposants du paysage péruvien. Un échange impensable pour une issue pour le moins suspecte.

En 1982, lors de la deuxième journée du groupe 4, la France affronte le Koweït. Les Français mènent le score face à ce petit poucet du Mondial. Alors qu’ils semblent inscrire un quatrième but, le match est interrompu pendant quelques minutes. La raison est que les joueurs koweïtiens, croyant entendre un coup de sifflet, se sont arrêtés de jouer.

Le président de la fédération koweïtienne, ne souhaitant pas en rester là, descend sur le terrain et, après une scène surréaliste, le but est finalement annulé. Bien que cela n’ait aucune incidence sur le résultat final, les Bleus inscrivent un véritable quatrième but, mais le cheikh Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah a dépassé les limites de sa fonction. Par la suite, l’arbitre sera banni à vie par la FIFA.

Ainsi, Donald Trump n’a pas été le premier à provoquer de telles situations. Il reste à espérer qu’il soit le dernier, bien que rien ne soit moins sûr.