Mons : le petit doudou n’oublie pas les enfants handicapés
La Ville de Mons a réservé un espace dédié aux enfants porteurs d’un handicap lors du Doudou, où ils sont classés par tailles et où 38 enfants étaient présents ce jour-là. Ce dispositif est en place pour la deuxième année consécutive et permet aux enfants différents de participer à cet événement folklorique sur simple demande.
Pour les petits comme pour les grands, la compétition à la corde est animée, comme en témoigne un agent responsable de la sécurité des enfants : « Ils sont un peu écrasés, c’est pour ça qu’on essaie de les maintenir un peu ». Régulièrement, en raison de l’écrasement à la corde, de la chaleur, des mouvements de foule et de la fatigue, des enfants sont évacués de la corde ; il faut s’accrocher pour garder sa place.
Dans ces conditions, il est impossible pour des enfants fragiles de participer au Doudou. C’est pourquoi la ville leur a réservé un espace spécifique. Celui-ci est divisé par taille, et la « zone violette » est dédiée aux enfants en situation de handicap. Ils sont 38 lors de ce jour de petit Lumeçon. Nicolas Harvengt, référent en matière de handicap à la Ville de Mons, gère cet espace. Pour lui, il est essentiel que les enfants différents puissent être inclus dans cette tradition. « Dans la région, on est tous baignés par le Lumeçon. Et donc, y être, c’est excellent ! Cette année, le petit plus, c’est une audiodescription pour les enfants souffrant d’un handicap visuel », témoigne-t-il. Dans la zone violette, un audiodescripteur muni d’un micro explique ce qu’il se passe dans le « rond » aux enfants non voyants équipés d’un casque audio. « C’est le premier bris de lance de Saint-Georges ! », annonce-t-il. « On l’a très bien vu, le premier ! ».
Les enfants impliqués dans le combat ont été préparés pour s’adapter à ce public différent. Céline De Bruyne, échevine de l’égalité des chances, explique qu’un briefing a eu lieu pour que les petits acteurs du Doudou pensent à inclure ces spectateurs différents : « en s’approchant, en permettant aux enfants malvoyants de toucher les costumes par exemple, en baissant la queue doucement pour permettre aux enfants d’attraper du crin, etc. ».
Les parents présents dans cette zone sont particulièrement émus. « Je suis très émue », confie une femme dont le fils souffre d’une maladie qui affecte son immunité et pour qui participer au Doudou aurait été impossible sans ce dispositif. « J’ai versé ma petite larme ». Ce type de dispositif permet aux enfants de vivre comme les autres : « C’est le fait de pouvoir leur permettre, grâce à cette zone, de participer à des événements qui leur seraient interdits en fait. Que ce soit les fauteuils roulants ou les autistes, les aveugles, sans cette zone un peu favorisée où les personnages viennent à eux. Ça leur permet de vivre un peu comme les autres en fait. C’est le plus important pour moi ».
À sept ans, Timeo, porteur d’une infirmité motrice cérébrale, a pu participer à son deuxième Doudou avec son père, ravi : « Il a déjà compris qu’il devait tendre ses mains pour avoir des objets. Quand on voit le sourire sur son visage, c’est le principal ». Une mère accompagnant sa fille en chaise roulante déclare : « Elle a adoré, on le voit, elle s’est vraiment éclatée. Ça fait du bien des initiatives comme celle-là. Sans ça, elle ne peut pas venir, évidemment. Il faut vraiment une structure adaptée. C’est très important. Et ici, c’est vraiment… Tout est pensé depuis l’arrivée jusqu’à l’installation. Comme vous voyez, elle est super contente. Elle a chanté pratiquement tout le temps. Voilà. C’est aussi très important pour elle. Donc, voilà. Merci beaucoup ».
C’est la deuxième année que la Ville de Mons met en place ce dispositif, et ce ne sera certainement pas la dernière. L’accès à cette zone pour les enfants porteurs d’un handicap se fait sur simple demande à handicap@ville.mons.be.

