Belgique

Mobilité : questions et astuces à découvrir pour vous aider

Tout au long de cette journée de mercredi, il était possible d’appeler le call center mis en place pour l’opération « Parlons Solutions – Ma mobilité, mon choix ?! ». Du côté de la SNCB, on explique qu’il y a un forfait de 3 euros en heures creuses et de 5 euros en heures de pointe pour embarquer un vélo classique dans un train.


Tout au long de cette journée de mercredi, il était possible de contacter le centre d’appel mis en place pour l’opération « Parlons Solutions – Ma mobilité, mon choix ? ». Selon les thèmes abordés par les appelants, ceux-ci étaient orientés vers différents spécialistes.

Concernant le chemin de fer, une alternative à la voiture, plusieurs questions ont été soulevées. « Nous recevons de nombreux appels au sujet de la nouvelle offre tarifaire lancée en octobre », a déclaré un représentant de la SNCB. Cette offre est en grande partie fondée sur la carte Train +.

La fin de la possibilité d’acheter un billet directement à bord des trains à compter du 1er juillet suscite également des inquiétudes. Que se passera-t-il en cas de panne de l’automate de vente ? En cas de panne, l’accompagnateur du train sera normalement averti, a précisé un porte-parole de la SNCB, et émettra un « ticket fictif » qui tiendra compte du prix qui aurait dû être payé à l’automate, accompagné d’une demande de paiement dans les 14 jours.

Les voyageurs souhaitant combiner plusieurs modes de transport, comme le vélo et le train, se tournent aussi vers la SNCB pour des éclaircissements. « Pourquoi doit-on payer un ticket pour un vélo classique et pas pour un vélo pliant ? », a demandé un interlocuteur du centre d’appel. En heures creuses, un forfait de 3 euros s’applique pour embarquer un vélo classique dans un train, tandis qu’en heures de pointe, ce montant monte à 5 euros. La SNCB a expliqué que cela est dû au fait que l’espace prévu pour les vélos dans les trains est le même que celui réservé aux personnes à mobilité réduite. La priorité est donnée à ces dernières, a précisé la SNCB, ajoutant que le matériel roulant ne permet pas toujours d’accueillir un grand nombre de vélos.

Plusieurs appels ont également évoqué la difficulté, voire l’impossibilité, d’accéder en train à des zones plus isolées, notamment au sud du pays. « Pourquoi certaines lignes ont-elles été transformées en Ravel alors que les trains n’ont pas été conservés ? », a questionné un usager, tandis qu’un autre a fait part de son inquiétude quant au manque de trains tard le soir, rendant difficile le retour après une sortie, comme au cinéma.

Des consommateurs ont aussi dénoncé des liaisons ferroviaires internationales jugées insuffisantes et trop coûteuses par rapport à l’aviation.

Concernant les transports en commun wallons, le TEC a reçu plusieurs questions sur l’offre disponible, en particulier dans les zones rurales. « Les gens se plaignent du manque de bus et de lignes, » a expliqué une interlocutrice du TEC, citant l’exemple d’un usager qui regrette de ne pas avoir de solution rapide pour son retour après être allé faire ses courses.

La question de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite a aussi été soulevée à plusieurs reprises. « Malheureusement, toutes les lignes ne sont pas accessibles aux personnes en mobilité réduite. Nous nous efforçons d’en rendre davantage accessibles, » a précisé Daisy Grand’henry, experte du TEC. « Nous conseillons à nos usagers de vérifier sur le site www.letec.be si un arrêt et une ligne sont conformes et accessibles. Si une ligne régulière ne peut être empruntée, notre entreprise propose un service appelé PMR Porte-à-porte, qui permet à davantage de personnes à mobilité réduite de se déplacer seules. »

« Peut-on mettre son abonnement De Lijn (les bus flamands) sur la carte Mobib de la Stib ? », a demandé une personne ayant contacté une experte de la STIB. La réponse est positive. Sur une carte Mobib, tous les abonnements des entreprises de transport public, que ce soit la STIB, le TEC, De Lijn ou la SNCB, peuvent être regroupés.

Du côté de la STIB, en plus des questions concrètes, des suggestions sont également remontées. Une personne a évoqué l’idée que la STIB utilise des trolleys ou qu’un téléphérique soit installé à Bruxelles.

Concernant la mobilité bruxelloise, Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité, a déclaré : « On pensait avoir beaucoup de questions liées à des problèmes d’infrastructure, mais cela n’a pas été le cas. » Elle a précisé que certaines questions concernaient par exemple les priorités en matière de réparation de routes, mais que la majorité des interrogations provenaient de situations vécues par les citoyens, telle cette personne âgée exprimant son inquiétude de ne pas être suffisamment prise en compte dans les enjeux de mobilité, ou une autre d’entre elles, utilisant un véhicule de remplacement, qui avait reçu des amendes de stationnement malgré sa carte riverain.

Les professionnels de la santé, tels que médecins et infirmiers, s’interrogent aussi sur l’accès aux patients dans les zones piétonnes. En cas d’urgence, il n’y a pas de problème, précise-t-on à Bruxelles Mobilité. Pour les situations non urgentes, comme se rendre chez un patient pour un soin, cela nécessite théoriquement de contacter les autorités communales pour obtenir une autorisation d’accès à la zone.

Un autre sujet abordé concerne le choix entre un véhicule électrique et un moteur thermique. Au moment de l’achat d’une voiture, la question est de savoir quel type de véhicule privilégier. L’expert de Touring a noté une évolution dans les préoccupations des consommateurs. Pour les véhicules électriques, l’inquiétude ne porte plus vraiment sur l’autonomie, mais plutôt sur la recharge. « Dois-je avoir une borne ? Cela prend-il du temps ? », sont des préoccupations courantes. L’expert assure que des bornes rapides sont de plus en plus accessibles, permettant de recharger en 20 minutes pour obtenir une autonomie convenable. Pour un rechargement à domicile, il est possible de le faire via une prise standard, a expliqué Lorenzo Stefani, porte-parole de Touring.

Sont également évoquées les interrogations portant sur le coût des véhicules électriques face aux véhicules thermiques et sur la fiscalité. « Plus vous passez à l’électrique tôt, mieux c’est, » a affirmé Lorenzo Stefani, en soulignant que le coût d’une recharge à domicile est actuellement plus avantageux, surtout avec la flambée des prix des carburants.

Certains, souvent des personnes âgées, manifestent leur inquiétude face aux restrictions concernant les véhicules thermiques plus anciens dans la capitale. « Changer pour l’électrique suscite des craintes, » a noté Lorenzo Stefani. Ces usagers ressentent parfois un sentiment d’injustice pour les rares kilomètres qu’ils parcourent, car leurs véhicules ne sont souvent « pas encore amortis financièrement », a-t-il ajouté.

Pour ceux qui préfèrent le vélo, Oscar Curtil de l’association Avello, anciennement Gracq, a mentionné que les questions sont principalement axées sur les infrastructures cyclables. Lorsqu’un cycliste rencontre un problème d’infrastructure, la recommandation est de se signaler auprès des autorités pour faire part des manquements. « Ils peuvent également contacter les groupes locaux d’Avello qui porteront leurs préoccupations aux échevins de la mobilité dans les différentes communes, » a-t-il précisé.

Il est aussi conseillé de signaler tout problème d’infrastructure via des applications, comme « Fix my street », à Bruxelles, qui permettent aux autorités de prendre connaissance des soucis dans la voirie.

Avello encourage aussi les cyclistes ayant subi un accident à le signaler aux autorités, même s’ils ne se rendent pas à l’hôpital. « Il est crucial de signaler les endroits où des accidents se produisent, car ceux-ci sont répertoriés, » a ajouté Laurence Lewalle, directrice d’Avello.

Une autre préoccupation soulevée par les cyclistes concerne le stationnement des vélos, en particulier pour ceux qui souhaitent utiliser plusieurs modes de transport. « Soit il n’y a pas de parkings, soit ils ne sont pas sécurisés, soit les parkings sont pleins et il est impossible de réserver une place, » a noté Oscar Curtil.

Les questions fiscales, souvent déterminantes, touchent également à la mobilité. De nombreux usagers cherchent à connaître le moyen de transport le plus avantageux sur le plan fiscal pour leurs trajets domicile-travail. « Sur le plan purement fiscal, l’indemnité vélo reste la meilleure option employé-employeur, étant 0% de taxe et 100% déductible, » a expliqué Sabrina Soriano, experte à l’IATA, l’Institute for Tax Advisors and Accountants.

Elle a également rappelé des incitations fiscales souvent méconnues, comme la voiture de société, les indemnités de télétravail, les interventions pour les abonnements de transport partagé, le budget mobilité, et l’allocation mobilité. Ces solutions permettent aux employés de bénéficier d’un meilleur pouvoir d’achat pour se rendre au travail, tout en offrant aux employeurs la possibilité de proposer un meilleur package salarial, tout en réduisant les coûts et l’empreinte carbone.

Pour les travailleurs, le budget mobilité est devenu une alternative à la voiture de société, mais soulève des interrogations. Ce budget, explique Andres Lemos, expert fiscal pour l’ITAA, peut se diviser en trois piliers : une part pour un véhicule 100% électrique, une autre pour du transport public ou un logement à moins de 10 km du lieu de travail, et un solde pouvant être versé en espèces. « Attention, ce montant est alors soumis à une rétention de 38,07% par l’ONSS au titre des cotisations spéciales, » a souligné Andres Lemos.