
Marché du travail : forte hausse des ruptures de contrat chez les jeunes, selon une étude
Les données récentes d’Acerta révèlent une tendance préoccupante sur le marché du travail belge : les jeunes travailleurs quittent leur premier emploi de plus en plus rapidement. Cette étude, qui s’appuie sur les expériences de 390 000 employés répartis sur 31 000 entreprises privées entre avril 2024 et mars 2026, met en lumière une augmentation significative des ruptures de contrats à durée indéterminée au cours de la première année. En effet, ce chiffre a grimpé de 16 % en un an.
Particulièrement frappante est la situation des moins de 25 ans, qui voient leurs contrats se terminer plus rapidement qu’auparavant. En 2025, 14,12 % des jeunes de cette tranche d’âge avaient vu leur contrat se terminer dans les six premiers mois, un chiffre qui a presque doublé par rapport à 8,4 % l’année précédente. À l’échelle d’une année, près d’un jeune sur cinq est concerné, soit une hausse de 68 % par rapport à l’année précédente.
Amandine Boseret, juriste chez Acerta, souligne : « On remarque en effet une forte augmentation par rapport à l’année passée. Sur les six premiers mois, on observe une augmentation de 68% des jeunes qui quittent leur emploi. » Cette tendance soulève des questions sur l’adéquation entre les attentes des jeunes et la réalité du marché du travail.
Un tiers des jeunes qui quittent leur emploi le font de leur propre initiative, tandis que les deux tiers restants sont confrontés à des licenciements ou à des fins de contrat d’un commun accord. Boseret précise : « Quand on dit qu’un jeune quitte ou perd son emploi, il faut savoir qu’un tiers de ces suppressions d’emploi est dû à une démission. »
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de changement législatif, avec une nouvelle loi entrée en vigueur le 1er août 2026, qui réduit le délai de préavis à une semaine pour les contrats de travail durant les six premiers mois. Ce changement vise à offrir plus de flexibilité pour mettre fin rapidement à des collaborations qui ne fonctionnent pas. Cependant, Boseret insiste sur l’importance pour les employeurs d’investir dans une intégration de qualité pour minimiser ces départs précipités.
Elle recommande une approche proactive, incluant une description réaliste des postes, un processus d’accueil efficace et un suivi régulier des nouveaux employés. Les données montrent également que le risque de rupture précoce diminue avec l’âge, indiquant que les premières expériences professionnelles sont particulièrement vulnérables.
Certaines industries, comme l’horeca, ainsi que les secteurs des titres-services, de l’intérim, de la logistique et du transport, affichent des taux de résiliation élevés dans la première année. Les microentreprises, qui emploient moins de neuf personnes, sont également touchées par ce phénomène, chaque départ ayant un impact plus lourd sur leur structure.
Boseret conclut en notant que « plus l’entreprise est petite, plus l’impact d’un mauvais recrutement est élevé », soulignant ainsi l’importance d’une bonne adéquation dès le début de la collaboration.
