
L’Islande, potentiellement 28e membre de l’Union européenne ?
En 2028, l’Union européenne pourrait accueillir un nouveau membre : l’Islande, une île de 400 000 habitants située à la frontière de l’Arctique. Ce samedi 29 août, les citoyens islandais sont appelés à se prononcer par référendum sur la question de la réouverture des négociations d’adhésion à l’UE.
Actuellement, l’Islande est déjà fortement intégrée à l’Europe, étant membre de l’Espace économique européen. Cela lui permet d’accéder au marché unique, de respecter une grande partie des réglementations européennes et de bénéficier de la libre circulation des personnes. Toutefois, cela ne l’inclut pas dans l’Union européenne elle-même.
L’Islande a déjà tenté d’adhérer à l’UE, mais les discussions ont été suspendues en 2013, principalement à cause de la question de la pêche, un secteur vital pour l’économie et la souveraineté islandaises. Les quotas de pêche imposés par l’UE ont suscité des réticences, conduisant le gouvernement eurosceptique de l’époque à mettre un terme aux négociations en 2015.
Aujourd’hui, la situation a évolué. Le gouvernement en place depuis 2024 est plus favorable à l’intégration européenne, et le contexte géopolitique a changé de manière significative. L’Arctique, autrefois perçu comme une région isolée, devient de plus en plus stratégique avec le réchauffement climatique, qui facilite l’accès à ses ressources. L’Islande, au cœur de cette région, a ressenti une inquiétude accrue, notamment lorsque Donald Trump a manifesté un intérêt pour le Groenland, situé à proximité. Cette situation a mis en lumière la vulnérabilité de l’Islande, qui ne dispose pas d’armée et dépend de l’OTAN et d’un ancien accord de défense avec les États-Unis.
Désormais, l’adhésion à l’UE ne se limite pas à des considérations commerciales, mais soulève également des enjeux de sécurité et de représentation politique. Bien que l’Islande bénéficie du marché unique, elle n’est pas impliquée dans les décisions prises à Bruxelles.
Les perspectives d’adhésion pourraient se concrétiser d’ici 2028, car l’Islande a déjà complété un tiers des chapitres de négociation. Les diplomates estiment qu’il serait possible de finaliser les discussions dans un délai d’un à deux ans, bien que les questions liées à la pêche demeurent délicates. Pour l’UE, accueillir un pays stable et prospère comme l’Islande serait un symbole fort pour relancer le projet européen.
Cependant, tout dépendra du résultat du référendum de ce samedi. Les derniers sondages indiquent une division au sein de la population, avec de nombreux indécis. Les Islandais ne votent pas encore sur l’adhésion elle-même, mais sur la reprise des négociations. Un vote positif ouvrirait la voie à un second référendum sur l’adhésion, tandis qu’un refus pourrait éloigner l’Islande de l’Europe pour une longue période.
