Algérie

Spéculation sur la banane : 10 ans de prison pour un grossiste ayant dissimulé 28 quintaux

Le tribunal correctionnel de Chlef a rendu son verdict ce mercredi, condamnant un commerçant de 47 ans à une peine de 10 ans de prison ferme, accompagnée d’une amende de 500 millions de centimes. Ce dernier a été reconnu coupable de spéculation illégale sur la banane, un produit dont le prix est réglementé, après la découverte de 152 caisses dissimulées dans un entrepôt à la périphérie de la ville.

L’affaire a été déclenchée par des informations précises transmises aux services de sécurité, qui ont révélé l’existence d’un important stock de bananes dans un dépôt situé dans le quartier d’El Kfafsa. L’objectif de cette opération était de créer une pénurie sur le marché local afin de faire grimper artificiellement les prix.

Sous l’autorité du parquet, les agents de la sûreté nationale ont effectué une inspection surprise, aboutissant à la saisie de 2 757 kg de bananes, soit près de 28 quintaux, cachées dans une chambre froide non déclarée. Lors de son interrogatoire, le commerçant a affirmé avoir déjà vendu une partie de sa marchandise et avoir transféré le reste dans son entrepôt sans en informer les autorités. Il a également soutenu qu’il avait l’intention de remettre ces fruits en vente le lendemain au marché de gros, en justifiant son acte par la nécessité de protéger les bananes des fortes chaleurs. Toutefois, cette défense n’a pas convaincu le tribunal.

Cette décision judiciaire s’inscrit dans une démarche plus large des autorités visant à réguler le marché de la banane, qui avait récemment atteint des prix exorbitants, frôlant les 1 000 DA le kilo. Actuellement, le prix de la banane semble amorcer une baisse, se stabilisant autour de 420 DA dans plusieurs régions. Ce retournement est le fruit d’un renforcement des régulations par le ministère du Commerce extérieur, qui a conditionné l’octroi des autorisations d’importation à un prix d’achat maximum de 1 dollar le kilogramme.

Sur le plan financier, l’Association des Banques et Établissements Financiers (ABEF) et la Banque d’Algérie ont déjà validé plus de 460 programmes conformes à ces nouvelles directives, visant à éliminer les pratiques de surfacturation. Pour contrer la position dominante des acteurs historiques du marché, l’État a également ouvert ses portes à de nouveaux investisseurs.

En parallèle, les brigades du Commerce intérieur continuent leurs inspections pour surveiller les marges bénéficiaires tout au long de la chaîne de distribution. Ce suivi rigoureux, du débarquement au détaillant, est mis en place pour garantir que la baisse des prix bénéficie directement au pouvoir d’achat des consommateurs.