
L’incendie des Hautes Fagnes suscite des débats en commission de l’intérieur
Le Parti Socialiste (PS) a proposé l’établissement d’une commission spéciale axée sur des solutions concrètes, afin de ne pas laisser place à l’ignorance face aux enjeux actuels. Pierre-Yves Dermagne, le chef de groupe, a affirmé : « on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas« .
Les socialistes ont également soutenu la décision du gouvernement de pérenniser l’indexation des dotations pour les zones de secours, tout en plaidant pour une réallocation de certaines ressources de la Défense vers la sécurité publique. Eric Thiébaut a exprimé son indignation concernant la réforme de la Protection civile mise en œuvre par le gouvernement Michel en 2017, et a demandé la création d’une circulaire relative aux incendies en zones boisées.
Cependant, la création d’une telle commission semble peu probable. Dans la majorité, Catherine Delcourt (MR) a rappelé qu’une évaluation est déjà prévue, soulignant qu’il s’agit d’une obligation légale et rejetant les accusations de manque de préparation. Xavier Dubois (Les Engagés) a également insisté sur la nécessité de mener cette évaluation en invitant le Cerac au Parlement, tout en appelant à améliorer l’attractivité du statut de pompier et à augmenter le financement fédéral pour les zones de secours.
Dans un autre registre, Victoria Vandeberg, députée-bourgmestre de Jalhay, a dénoncé l’ »indécence » de certains membres de l’opposition qui, selon elle, exploitent la situation des incendies dans les Hautes Fagnes, notamment dans sa commune. Elle a qualifié cette attitude d’insultante pour ceux qui luttent sur le terrain, affirmant : « C’est insultant pour celles et ceux qui se battent sur le terrain. » Émue, elle a ajouté : « Je ne vais pas faire, ici au Parlement, semblant que c’est facile. »
La bourgmestre a également salué le travail des services de secours et l’aide internationale déployée sur le terrain.
De son côté, le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, a défendu la coordination des efforts entre les différents services nationaux et l’aide internationale depuis le début de l’incendie. Il a justifié l’absence d’activation d’une phase fédérale, expliquant que même sans cela, des moyens fédéraux étaient mobilisés. Il a rappelé les efforts réalisés depuis 2012 pour améliorer la préparation face aux incendies, tout en soulignant que maintenir une réponse permanente à des crises majeures est impossible.
Quintin a également évoqué la nécessité d’un plan national de résilience pour faire face à des crises futures, et a annoncé qu’un plan d’action contre les feux en milieu naturel serait bientôt présenté au gouvernement.
Les critiques n’ont pas manqué, notamment de la part de Sofie Merckx (PTB), qui a exprimé sa surprise face aux affirmations du ministre sur la préparation de la Belgique. Ecolo-Groen a déploré l’absence du ministre du Climat lors des débats, tandis que Sarah Schlitz a soulevé des inquiétudes concernant les conditions de travail des pompiers. François De Smet (DéFI) a également dénoncé une forme de nonchalance au sein du gouvernement, appelant à un réveil face à la situation.
Dans la majorité, Axel Weydts (Vooruit) a soutenu que le pays manquait de moyens et de personnel pour lutter efficacement contre les incendies. Maaike De Vreese (N-VA) a réagi en défendant la réforme de la Protection civile, tout en reconnaissant qu’il reste des ajustements à faire.
Bernard Quintin a conclu en réaffirmant son engagement à préserver et renforcer la capacité de la Protection civile à l’avenir.
