Belgique

Les maillots des Diables très demandés, contrefaçon en hausse chez nous

Il faudra débourser 100 euros pour le modèle officiel des maillots des Diables rouges, avec une version authentique à 150 euros. Selon Olivier Flament, directeur commercial des sports collectifs, « les ventes de maillots se portent bien cette année » et sont en augmentation de 35% par rapport à l’Euro 2024.


A l’approche de la Coupe du Monde 2026, les fans souhaitant acquérir un maillot des Diables rouges devront y mettre le prix : 100 euros pour un modèle officiel, qu’il s’agisse du rouge, du rose ou du bleu clair (75 euros pour les modèles enfants). Une version à 150 euros, qualifiée d’authentique, est également disponible, correspondant exactement à celles que portent les joueurs, avec une coupe plus ajustée et un matériau de meilleure qualité. Ces produits Adidas sont disponibles, entre autres, chez Decathlon, où les ventes ne semblent pas toucher par ces tarifs élevés.

« Les ventes de maillots se portent bien cette année, on peut même dire qu’elles explosent », confirme Olivier Flament, directeur commercial des sports collectifs. « On est en augmentation de 35% par rapport à l’Euro 2024 et de 40% par rapport au Mondial 2022 au Qatar. On est plus ou moins au niveau de la fameuse campagne 2018, l’époque de la génération dorée. Nos stocks diminuent très vite et le premier match des Diables n’a pas encore eu lieu, on espère ne pas être dévalisés trop tôt. Il faut dire qu’on a dû passer nos commandes il y a un an, quand les Diables n’étaient pas encore qualifiés. En Italie, la Squadra Azzurra n’allant pas au Mondial, on se retrouve avec des montagnes de maillots sur les bras ! »

Cette année, deux particularités se démarquent : Jérémy Doku est sans conteste le joueur dont le maillot est le plus vendu, représentant les deux tiers des flocages. Auparavant, ce sont Eden Hazard, Romelu Lukaku et Kevin De Bruyne qui partageaient de manière assez équilibrée les ventes, chacun représentant un tiers. Autre nouveauté pour 2026 : « Le maillot extérieur inspiré de Magritte se vend davantage que le maillot « domicile » rouge. Il faut dire que son design est très apprécié, il est à la fois classique et unique, c’est la formule gagnante. » La Belgique est d’ailleurs le seul pays européen dont l’équipe est sponsorisée par Adidas, où le maillot secondaire dépasse le maillot principal.

Face à ces prix jugés exagérés par de nombreux fans, plusieurs réactions émergent. Il est possible de se tourner vers des maillots et t-shirts de type « supporters », rouges et évoquant la Belgique, mais sans donner l’impression qu’il s’agit des maillots officiels des Diables. Ces produits coûtent environ 10 euros et leur vente ainsi que leur achat ne contreviennent à aucune loi. En effet, rien n’interdit de produire un t-shirt aux couleurs nationales et ni l’Union belge ni Adidas n’en détiennent l’exclusivité.

La tentation d’acquérir une réplique du véritable maillot des Diables à un prix abordable est forte. Même si les choix sont nombreux, cela implique de fréquenter le domaine de la contrefaçon et de l’illégalité.

Certains sites de vente en ligne proposent en effet des maillots prétendument authentiques qui ne sont que des copies, affichant des prix qui ne laissent guère de doutes : 27,50 euros pour le maillot domicile rouge, 19,19 euros pour le modèle Magritte, 37 euros pour une tenue complète. Il est naïf de croire qu’il s’agit de vrais produits.

Ces faux maillots sont parfois si bien réalisés qu’ils semblent authentiques, mais ce sont néanmoins des copies. La plupart des faux équipements Adidas, Nike, Puma et autres sont souvent fabriqués en Asie, où les principes de propriété intellectuelle sont relativement laxistes. Il suffit d’observer comment des plateformes comme Shein copient littéralement des vêtements de marques officielles pour les reproduire à l’identique et les vendre à leur seul profit, sans partager le moindre droit d’auteur.

Les plateformes de seconde main constituent également un débouché important pour la contrefaçon. En vendant ou en revendant un maillot qu’ils possèdent, des utilisateurs peuvent écouler une production illégale, souvent importée. Sur Vinted, en plus des maillots usagés pour enfants coûtant 3 ou 4 euros, il est possible de dénicher des pièces soi-disant neuves, parfois encore étiquetées, à quelques dizaines d’euros.

A ce prix-là, il s’agit soit de maillots « tombés du camion », soit de copies. Un vendeur de magasin de sport révèle que ces produits proviennent parfois des mêmes usines asiatiques, celles-ci travaillant pour de grandes marques le jour tout en alimentant un circuit parallèle la nuit, comme l’a montré une enquête d’investigation.

Une certitude demeure : les copies sont de plus en plus ressemblantes et il est devenu difficile de distinguer le vrai du faux. Fini le temps où le crocodile Lacoste était cousu à l’envers sur de faux polos achetés dans la rue en Thaïlande ; le secteur de la contrefaçon s’est professionnalisé, au point de tromper des experts.

La contrefaçon engendre un manque à gagner de 320 millions d’euros par an en Belgique. Les pirates qui fabriquent ces faux risquent des poursuites, amendes et peines de prison. Les consommateurs pensent bénéficier de ces bas prix, mais la qualité est souvent absente, et la fabrication se fait sans respect des normes de sécurité, de santé et d’environnement. De plus, l’acheteur peut faire face à des surtaxes douanières, voire à des actions judiciaires s’il est établi qu’il a acheté un produit contrefait en toute connaissance de cause, ce qui est souvent sous-entendu par un prix anormalement bas.

Les victimes de la contrefaçon incluent également les grandes marques qui perdent des parts de marché, les commerces qui ratent des clients potentiels ainsi que les finances publiques, qui voient des recettes de TVA leur échapper. L’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) évalue à 320 millions d’euros le manque à gagner annuel en Belgique dû à la vente de produits contrefaits dans les secteurs de l’habillement (270 millions) et de la bijouterie (50 millions).

Au niveau européen, les pertes dans l’industrie de la mode et de l’habillement sont estimées à 12 milliards d’euros par an. En ce qui concerne les sacs à main, bijoux et montres contrefaits, cela entraîne un manque à gagner de 2,7 milliards d’euros annuels.

D’après une enquête récente, 13% des citoyens européens avouent avoir déjà acheté des produits de contrefaçon de manière intentionnelle. Ce chiffre grimpe à 26% chez les jeunes consommateurs âgés de 15 à 24 ans. Ces statistiques sont inévitablement influencées par la popularité croissante du commerce électronique et l’impact des réseaux sociaux.

Cependant, une tendance encourageante se dessine : une majorité de consommateurs européens prêtent attention à la conception des produits qu’ils achètent. En effet, 73% d’entre eux se disent prêts à débourser davantage pour un produit mieux conçu. En Belgique, ce chiffre est légèrement inférieur, à 66%, mais reste majoritaire.

Cet engouement se reflète dans la demande pour les maillots officiels des Diables, qui se vendent bien malgré leurs prix élevés. Les joueurs n’ont plus qu’à confirmer leurs performances sur le terrain !