Belgique

Les flexi-jobs sapent l’État-providence, la phrase de Van Peteghem choque.

Vincent Van Peteghem déclare que « le système des flexi-jobs sape notre sécurité sociale et notre État-providence ». Les flexi-jobs ont été créés en 2015 pour offrir un complément de revenus à des salariés en 4/5e et à des retraités.


Cette phrase provient d’une interview parue hier dans De Standaard. Vincent Van Peteghem y déclare que : « le système des flexi-jobs sape notre sécurité sociale et notre État-providence ». Pour ceux qui n’avaient pas encore compris, le ministre du budget martèle : « le système dérape ».

Dans son éditorial pour La Libre, François Mathieu rappelle l’historique des flexi-jobs. Créés en 2015, ils permettent un complément de revenus aux salariés à temps partiel et aux retraités, tout en offrant aux entreprises une flexibilité pour gérer les pics d’activités.

En théorie, comme le rappelle l’éditorialiste, cela constitue un outil pour répondre à une situation exceptionnelle. En pratique, la réalité semble différente. Cela illustre un paradoxe : le succès des flexi-jobs repose sur ce qui constitue aujourd’hui leur faiblesse : leur faible coût social. Car, c’est bien là le problème, les revenus issus des flexi-jobs apportent beaucoup moins de contributions à la sécurité sociale.

Pourtant, l’éditorialiste de La Libre ne s’inquiète pas outre mesure. Les flexi-jobs, affirme-t-il, ne sont pas le cheval de Troie qui mettrait en péril le salariat. Ils constituent un outil utile, mais imparfait.

Si un dispositif n’est pas parfait dès le départ, ce n’est pas dramatique, remarque l’éditorialiste de L’Echo. En revanche, ce qui est problématique, selon Corentin Di Prima, c’est de tomber invariablement dans le même piège : comme c’est trop souvent le cas en Belgique, écrit-il, lors de la création d’un nouveau dispositif, l’évaluation de celui-ci est souvent négligée.

Pour l’éditorialiste de L’Echo, les flexi-jobs effectivement allègent certaines pénuries de main-d’œuvre et offrent une flexibilité remarquable, mais cette flexibilité peut aussi s’avérer nuisible. Il cite à ce propos : la qualité du service client et de la production diminue lorsque le personnel est sans attache.

L’Echo attache également de l’importance à l’aspect financier. Un salarié peut augmenter ses revenus de jusqu’à 1500 € par mois grâce aux flexi-jobs. Est-ce idéal ? Tout bénéfice ? Oui, mais cela révèle une réalité moins favorable : cela indique que le salaire principal ou la pension ne suffisent plus à joindre les deux bouts.

Cette déclaration d’un ministre du gouvernement sur une mesure gouvernementale porte également une signification d’un point de vue politique. C’est ce qu’indique l’éditorialiste de De Standaard en parlant d’un « syndrome belge ».

Il y a quelques semaines, le ministre a donné son accord pour étendre les flexi-jobs à tous les secteurs économiques. Aujourd’hui, il note que l’optimisation fiscale qu’elle implique met en péril l’État providence, car ces travailleurs paient moins d’impôts qu’un salarié classique pour un travail identique.

Pour Bart Brinckman, ce retournement de situation renforce la méfiance des citoyens, qui se demandent si les ministres sont réellement conscients de leurs actions.

Enfin, en parlant de choix politiques, l’éditorial du Morgen soulève les choix, ou plutôt le manque de choix. L’éditorialiste s’interroge sur la possibilité de voir apparaître dans nos supermarchés des dattes, des oranges ou des avocats provenant de colonies israéliennes illégales et critique l’absence de consensus au niveau européen pour y mettre un terme.

L’éditorialiste évoque la réunion qui s’est tenue hier entre les ministres européens des Affaires étrangères pour discuter de l’opposition à l’importation de produits issus des colonies. Il rappelle que, durant les trois dernières années, Israël a approuvé plus d’une centaine de colonies en Cisjordanie, considérées comme illégales par le droit international.

Dépité, l’éditorialiste conclut : « comme on pouvait s’y attendre, cette réunion n’a abouti à rien de concret ». Il admet qu’une telle décision aurait principalement une portée symbolique. Interdire l’importation d’une datte ou d’un avocat ne modifiera pas la trajectoire du gouvernement israélien. Cependant, le fait qu’après tant de milliers de morts et de violations des droits de l’homme bien documentées, nous ne parvenions pas à agir, écrit-il, constitue un nouveau creux moral, une honte en soi.