L’Enquête nationale 2026 : les francophones ne jugent pas l’avenir favorable.
45 % des Wallons et 40 % des Bruxellois estiment que « les gens comme moi étaient pris plus au sérieux en politique » par rapport au passé. 63 % des Wallons pensent qu’auparavant, « les gens comme moi faisaient partie de communautés plus solidaires ».
Nostalgie : un indicateur difficile à mesurer en politique
La nostalgie, ce sentiment que les temps passés étaient meilleurs, est complexe à évaluer. Cependant, elle est souvent présente dans le discours politique, notamment l’idée du déclin. Des chercheurs ont donc formulé quatre questions pour analyser la nostalgie sous ses aspects politique, économique, social et culturel. Concernant la politique : les gens comme moi étaient-ils davantage pris au sérieux par le passé ? À cette question, 45 % des Wallons et 40 % des Bruxellois répondent affirmativement, contre 30 % en Flandre. Pour la question « Les gens comme moi étaient-ils mieux lotis économiquement auparavant ?« , 61 % des Wallons et 57 % des Bruxellois répondent oui, ce qui est une majorité claire, tandis que ce chiffre est de 52 % en Flandre. Ces réponses illustrent un sentiment de déclin, et même de déclassement, qui est plus prononcé dans le sud du pays.
La nostalgie est liée au niveau socio-économique : plus la situation est difficile, plus la nostalgie augmente. En effet, la réalité économique est davantage préoccupante dans le sud.
Le déclin culturel encore présent
Le déclin culturel, qui alimente l’extrême droite, a également été évalué avec la question : « Les goûts et les habitudes des gens comme moi étaient-ils moins mal vus auparavant ?« . 46 % des Wallons affirment que oui, 41 % des Bruxellois, tandis qu’en Flandre, ce chiffre est de 31 %. Bien que le déclin culturel y soit moins prononcé, il demeure très présent. Ce sentiment se manifeste également par des controverses autour de la disparition des traditions. Sur le plan social, la question suivante a été posée : « Les gens comme moi faisaient-ils auparavant partie de communautés plus solidaires ?« . 63 % des Wallons répondent oui, tandis que ce taux est légèrement inférieur à Bruxelles et en Flandre. En combinant ces résultats, il apparaît que la nostalgie est majoritaire dans le sud du pays.
Un vrai lien entre nostalgie et choix politiques
Ce sentiment est-il en lien avec nos préférences politiques ? Oui. Les chercheurs ont identifié un lien statistique significatif entre nostalgie et comportement électoral. Les nostalgiques se retrouvent davantage parmi les électeurs du PTB, du Vlaams Belang ou du PS, et moins chez Ecolo, les Engagés ou le MR. Ces électeurs disposent généralement de revenus plus élevés, et la nostalgie est associée à une perception négative des conditions économiques et sociales.
Le pessimisme est plus marqué dans l’opposition
La perception que c’était mieux avant et que l’avenir s’annonce sombre traduit un sentiment de pessimisme plus généralisé. Les conclusions sur le pessimisme coïncident avec celles sur la nostalgie. Celui-ci est moins prononcé en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie, et se renforce en fonction des revenus. Les électeurs du PS, du PTB et du Vlaams Belang expriment plus de pessimisme, à l’inverse des électeurs des partis au pouvoir comme Les Engagés, Vooruit, le CD&V, le MR ou la N-VA.
En conclusion, les partis actuellement au pouvoir attirent les électeurs les moins nostalgiques et pessimistes, tandis que l’opposition regroupe des électeurs ressentant le déclin, le déclassement et des craintes pour l’avenir, avec Ecolo se distinguant par une situation légèrement différente.
Avec de tels résultats, il est évident que la lutte pour s’approprier ces sentiments va s’intensifier dans les années à venir.

