Le Morning – Fred Waseige : « On ne s’attendait pas à une défense aussi bonne »
À mi-chemin entre la qualification des Diables Rouges face à la Nouvelle-Zélande et le 16e de finale contre le Sénégal, le coup d’envoi est prévu ce mercredi à 22h. Hugo Broos est devenu le sélectionneur le plus âgé à coacher une équipe lors d’un match à élimination directe en Coupe du monde, à 74 ans.
À l’approche du match des Diables Rouges contre la Nouvelle-Zélande et du 16e de finale contre le Sénégal (prévu ce mercredi à 22h), une sensation d’impatience et d’excitation se fait sentir parmi notre équipe de journalistes et notre consultant Fred Waseige : « On a quitté l’euphorie de la qualification, et on est vraiment prêt à accueillir cette prochaine rencontre avec beaucoup d’impatience ! »
Du côté belge, la bonne nouvelle est le retour de Zeno Debast dans le groupe. Le défenseur du Sporting Portugal a enfin passé son premier entraînement avec ses coéquipiers. Cependant, s’il est déclaré apte, nos experts conviennent que le match contre le Sénégal arrive trop tôt pour lui. Ils se posent alors la question : était-ce une bonne décision de le reprendre pour cette Coupe du Monde ?
« Ça fait du bien de le revoir quand même. On est content pour lui, » se réjouit Vincent Langedries. « Mais je pense qu’il s’est un peu fait déborder par la gauche ou par la droite par les gars qui sont là, Brandon Mechele et Nathan Ngoy. Debast ne jouera peut-être pas en Coupe du Monde, sauf si on va loin jusqu’en demi-finale. » Benjamin Deceuninck acquiesce : « Je me suis fait la même réflexion. Il ne jouera que si on va loin. Mais si on va loin, ça veut dire que l’équipe tourne bien et il n’y aurait aucune raison de le mettre dans l’équipe. »
### Debast n’est pas Vincent Kompany
L’adage dit que l’on ne change pas une équipe qui gagne (ou qui ne perd pas dans cette Coupe du Monde). Zeno Debast fait face à une nouvelle concurrence au sein de la défense. « Le problème pour lui, c’est qu’on s’est découvert deux titulaires en défense lors de deux matchs amicaux et de deux matchs de Coupe du Monde, » analyse Fred Waseige. « On ne pouvait pas s’attendre à ce que Ngoy et Mechele deviennent aussi bons. Sans oublier évidemment Arthur Theate, qui lui a toujours été bon en équipe nationale ! Donc, ça nous fait déjà trois joueurs pour cette place-là. »
Manu Jous établit un parallèle avec 2018 et le cas de Vincent Kompany. « On parle bien sûr d’un joueur qui avait un autre statut et une équipe qui avait d’autres ambitions, puisqu’on faisait partie des deux voire trois grands favoris du tournoi, » rappelle notre journaliste. « On ambitionnait d’aller très loin et il était convenu que Boyata jouerait le premier tour en attendant le retour de Kompany pour la phase à élimination directe, et ça se comprenait tout à fait ! Ici, avec Debast, je me demande si c’était bien nécessaire de le reprendre, sachant qu’il allait manquer le premier tour. Il y a une différence entre être médicalement prêt et physiquement prêt. Le joueur est rétabli, mais il manque de rythme. J’espère qu’on va jouer encore quatre tours ou cinq. Mais bon, ce n’est pas certain non plus… » C’est tout ce qu’on souhaite à nos Diables et à Debast dans cette Coupe du Monde !
### Hugo Broos, sélectionneur le plus âgé en phase finale de Coupe du monde
La phase finale du tournoi a débuté ce dimanche soir avec, pour seul match, la victoire du Canada 1-0 face à l’Afrique du Sud d’Hugo Broos. Une rencontre agréable à suivre et une victoire étriquée mais méritée des Canucks contre les Bafana Bafana. « J’ai adoré ce match. Je le compare à un amour d’adolescent, pur et frais, » s’enthousiasme Fred Waseige. « C’était vraiment un football positif, très agréable. Il y avait de belles actions, c’était vraiment ouvert comme match. »
Le pays hôte, qui jouait pour la première fois hors de ses frontières à Los Angeles, a pris le pas physiquement sur son adversaire en fin de match avec un but tardif de Stephen Eustáquio à la 90 + 2e minute. Fun fact : c’est la première fois depuis le but de Nacer Chadli contre le Japon en 2018 qu’un match à élimination directe se termine avec le but de la victoire inscrit au-delà de la 90e minute. Mais ce qu’on retiendra surtout, c’est que notre compatriote Hugo Broos est devenu le sélectionneur le plus âgé à coacher une équipe lors d’un match à élimination directe en Coupe du Monde, à 74 ans. Alors, retraite ou pas ? Hugo Broos devrait prendre sa décision dans les jours à venir. Mais notre consultant lui tire son chapeau : « Pour un homme de son âge, la manière dont il a fait jouer cette équipe d’une façon aussi jeune, juvénile et positive, c’est formidable ! »
### Deux chocs au menu du jour !
La suite du programme des 16e de finale s’annonce bien plus consistante et réjouissante avec, au menu du jour, un alléchant Brésil – Japon en guise d’apéro à 19h et, surtout, un appétissant Pays-Bas – Maroc en guise de dessert (coup d’envoi à 3h du matin) si le plat principal s’avère décevant (Allemagne – Paraguay à 22h30). On va se régaler !
« Je pense que l’explosivité du Japon peut fortement ennuyer le Brésil, » estime Fred Waseige, séduit par l’équipe nippone. Mais ce Brésil-là, peut-être moins « sexy » que d’habitude sous la direction de Carlo Ancelotti, pourrait monter en puissance dans ce tournoi. « Ce Brésil pourrait arriver, entre guillemets, masqué, avec un style plus pragmatique, moins joueur, moins foufou, » analyse Manu Jous. « Il part d’un petit peu plus loin que d’habitude, et ça pourrait le rendre plus dangereux justement. » Surtout avec un tueur, Vinicius, devant et un Neymar capable du pire comme du meilleur en sortie de banc.
Dans l’autre match, le Maroc s’avance légèrement en position de favori face aux Oranjes. « Le Maroc a aujourd’hui un autre statut, avec un autre entraîneur et une autre façon de voir les choses. On rappelle qu’ils ont quand même fait match nul contre le Brésil en ouverture de ce Mondial, ce qui leur a donné énormément de confiance. Des Marocains en confiance, ça peut bousculer beaucoup de monde ! » s’enthousiasme Vincent Langedries, qui commentera ce match. « Cette demi-finale au Qatar il y a trois ans et demi leur a donné confiance, la certitude que c’est possible de le faire. Et ça, ça compte, » complète Benjamin Deceuninck.
