
Le gouvernement doit réaliser 14 milliards d’économies en deux ans.
Selon les projections de la BNB, le déficit budgétaire atteindra 5,3% du PIB cette année, et jusqu’à 5,7% en 2028. Pierre Wunsch, le gouverneur de la BNB, souligne qu’ »un déficit à plus de 5% du PIB, ce n’est pas tenable ».
Selon les prévisions de la BNB, le déficit budgétaire devrait atteindre 5,3 % du PIB cette année, et jusqu’à 5,7 % en 2028. Cette situation est principalement due à la guerre au Moyen-Orient et à l’augmentation des prix de l’énergie. Pierre Wunsch, gouverneur de la BNB, indique que « un déficit à plus de 5 % du PIB, ce n’est pas tenable ». Il ajoute : « Si on pouvait revenir à un taux de 4 % d’ici la fin de la législature, le pays garderait une certaine crédibilité » concernant la gestion des finances publiques. Pour atteindre cet objectif, environ 11 milliards d’euros seraient nécessaires, sans compter l’impact des réductions de charges que le gouvernement envisage, ce qui pourrait rapidement faire grimper le montant à 14 milliards d’euros (environ 2 % du PIB).
### Taxer davantage la consommation ?
Comment trouver ces milliards ? Faut-il réduire encore les dépenses publiques ou chercher de nouvelles sources de revenus ? Pierre Wunsch a une idée : « il faudra un équilibre entre recettes et dépenses. Mais au final, la décision reviendra au monde politique ». Il estime que certaines « lignes rouges » concernant les dépenses pourraient être reconsidérées, notamment dans le secteur de la santé et les indemnités d’invalidité. Il insiste sur le fait que si chacun « campe sur ses lignes rouges, on ne va pas y arriver ».
Sur le plan des recettes, d’autres lignes pourraient également être discutées. Les économistes n’excluent pas la possibilité de nouveaux impôts. Bruno Colmant, économiste, souligne : « Il y a une érosion des recettes fiscales. Immanquablement, l’impôt va devoir augmenter. Sur les sociétés, sur les personnes physiques… On verra les modalités mais la promesse d’une baisse d’impôt à l’horizon 2029 sera sans doute mise en cause parce qu’il n’y a pas assez de recettes fiscales pour assurer la viabilité du budget ».
Etienne de Callataÿ, un autre économiste, rappelle que « ce qui caractérise la Belgique, c’est d’une part de taxer très lourdement le revenu du travail. A la fois en termes de cotisations sociales et d’impôts sur le revenu des personnes physiques. Mais à côté de ça, il y a d’autres postes sur lesquels nous taxons relativement peu, et notamment sur la consommation. Et encore plus sur la consommation polluante ».
Le Premier ministre Bart De Wever anticipait déjà des négociations budgétaires ardues cet été, et les nouveaux chiffres de la Banque Nationale devraient compliquer encore davantage la situation.
