
Le détroit d’Ormuz fermé, tensions après l’attaque entre Américains et Iraniens.
L’Iran a annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, après y avoir tiré sur un navire. Selon le Centcom, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, et un membre d’équipage civil est porté disparu.
Cette reprise des hostilités, accompagnée de l’annonce par Téhéran d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz, met une fois de plus à mal le cessez-le-feu théoriquement en vigueur entre les deux ennemis, qui se sont à nouveau échangé ces derniers jours des menaces de vengeance et de destruction totale.
Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a rapporté dimanche avoir fait face à une attaque de missiles et de drones. Simultanément, les autorités de Bahreïn ont déclenché les sirènes d’alerte aérienne, et dans le ciel du sud de Doha, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions et observé des interceptions. Les autorités qatari ont ensuite confirmé avoir intercepté des missiles.
Plus tôt, l’Iran avait annoncé la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, après avoir tiré sur un navire. Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pays, avaient menacé de s’en prendre « avec sévérité » aux bases américaines dans la région si les États-Unis ripostaient.
Les Gardiens ont déclaré dans un communiqué : « Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels. Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté. »
Selon l’agence maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l’est de la péninsule de Moussandam, qui appartient au sultanat d’Oman, et a provoqué un incendie à bord. L’agence a précisé que « l’équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage. »
En réponse, le Commandement central américain (Centcom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière. »
Des médias iraniens ont signalé des explosions dans le sud du pays, notamment à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, sans faire état de victimes dans l’immédiat.
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a écrit sur X : « L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient. »
Selon le Centcom, le navire touché par l’Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. « Un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines », a-t-il précisé.
Concernant la fermeture du détroit, les Gardiens ont déclaré : « Le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser. » Actuellement, Téhéran autorise un seul couloir de navigation le long de ses côtes et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre.
Les États-Unis avaient déjà bombardé l’Iran durant la nuit de mardi à mercredi, puis une nouvelle fois la nuit suivante, après avoir attribué à Téhéran des attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l’Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d’accord, assorti d’un cessez-le-feu, se donnants 60 jours pour parvenir à une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
Depuis, le président américain Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était « terminé » à cause des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l’Iran.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu samedi que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines. « Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres », a-t-il écrit. « Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s’accomplir, inévitablement. »
Vendredi, Donald Trump avait accusé l’Iran de vouloir le faire assassiner, promettant de « décimer et détruire complètement toutes les régions d’Iran » s’il tentait de le faire.
