
« Le chagrin des amoureux des Hautes Fagnes : ‘Ça fait mal' »
La forêt des Hautes Fagnes, autrefois un trésor naturel, a été ravagée par des incendies dévastateurs, transformant ce paysage verdoyant en un terrain désolé. Les conséquences de cette catastrophe sont encore difficiles à évaluer, mais les témoignages des habitants révèlent une profonde tristesse et une colère face à la destruction de leur environnement.
Yannick Langer, président du club des marcheurs des Hautes Fagnes, connaît bien cette région. Après avoir vécu les événements de près, il exprime son incompréhension face à l’ampleur des dégâts. « On n’a pas les mots de ce qui s’est passé. On ne connaît pas encore tout ce qu’on va devoir déplorer. Maintenant, il faut toujours rester très reconnaissant avec toutes les personnes qui ont aidé. Le pire a été évité. Les habitations n’ont pas été touchées », confie-t-il.
Philippe Dahner, un habitant de Sourbrodt, a été témoin des ravages. Son cœur est lourd face à cette perte inestimable. « C’est une énorme perte pour la région. Ça fait mal. C’était tellement beau, c’était vert. C’est notre chez-nous », déclare-t-il, visiblement affecté par la situation.
Des milliers d’hectares ont été réduits à néant en quelques heures, et pour ceux qui chérissent les Fagnes, c’est un travail de préservation de plusieurs mois qui est parti en fumée. Roger Herman, président honoraire des Amis de La Fagne, exprime sa frustration : « La colère parce qu’on se dit qu’on n’a peut-être pas fait assez pour empêcher ça. Il faisait très sec depuis des mois. C’était tout à fait exceptionnel. Peut-être qu’on aurait pu prendre d’autres mesures préventives, même si ça ne faisait pas plaisir à tout le monde, comme la fermeture de La Fagne, la fermeture de la forêt. »
Jean Collard, président des Amis de la Fagne, souligne également la perte d’un patrimoine historique inestimable. Il déplore la destruction d’années de travail acharné par des bénévoles pour restaurer cet écosystème fragile. « C’est des années de travail que les bénévoles ont réalisées, notamment là où le feu a pris, donc dans les Fagnes des Deux-Séries, dans la Fagne de Cléfaye, où nous avons récemment replanté des éricacées, qui sont les plantes vraiment caractéristiques des tourbières », explique-t-il. Il ajoute que tout ce travail a été réduit en cendres en quelques heures.
La reconstitution de cet écosystème pourrait prendre des années, mais les effets immédiats de l’incendie se font déjà sentir. Un événement rassemblant 2000 marcheurs, prévu ce week-end pour explorer les Fagnes, a été annulé. « C’est complètement annulé », confirme Yannick Langer. « Notre salle de départ est même devenue le point de ravitaillement où les pompiers peuvent manger, etc. »
Les efforts des pompiers se poursuivront encore pendant plusieurs semaines pour éviter toute reprise des flammes, alors que la communauté commence à réaliser l’ampleur de la tragédie qui les touche.
