Contrôle des temps de conduite et vitesse pour les conducteurs en Algérie
La sécurité routière demeure une préoccupation majeure en Algérie, alors que la mortalité sur les routes continue d’affecter de nombreuses familles. Face à une recrudescence des accidents, les autorités adaptent leurs stratégies pour mieux protéger les usagers.
Le gouvernement met désormais l’accent sur une approche ciblée, visant particulièrement les conducteurs professionnels opérant dans le secteur du transport de voyageurs et de marchandises. Lors d’une réunion de travail récente, une avancée significative a été réalisée avec l’introduction d’un nouvel équipement de régulation, destiné à modifier les comportements des conducteurs.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a dirigé une réunion cruciale ce mardi, axée sur le déploiement imminent d’un dispositif de contrôle de la vitesse et du temps de conduite. Il a donné des instructions claires à ses équipes pour intensifier les préparatifs, finaliser le cadre technique et valider les propositions organisationnelles afin que cet équipement soit opérationnel sur le terrain dans les plus brefs délais.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’application stricte de l’article 85 de la loi n° 26-09 du 12 mai 2026, qui modifie et complète le code de la circulation. L’objectif est de réduire les comportements à risque chez les transporteurs grâce à une surveillance électronique continue de deux éléments essentiels :
– Le contrôle permanent de la vitesse, avec une limitation électronique pour interdire tout excès de vitesse sur les véhicules lourds.
– La gestion rigoureuse du temps de conduite, permettant un suivi automatisé des pauses pour prévenir l’épuisement et le risque d’assoupissement chez les chauffeurs.
Les récents accidents survenus à Boumerdès, Timimoun et Naâma soulignent la persistance du danger sur les routes. Bien qu’une légère diminution des statistiques ait été observée au début de l’année 2026, le bilan reste préoccupant. Les données officielles révèlent que 96,12 % des accidents de l’année 2025 étaient dus au facteur humain.
Les analyses du ministère montrent que les défaillances techniques des véhicules et l’état des infrastructures routières sont des causes moins fréquentes des accidents. Les comportements tels que le non-respect des limitations de vitesse, les dépassements dangereux et l’utilisation du téléphone portable sont les infractions les plus courantes. Le ministre Saïd Sayoud a d’ailleurs qualifié cette situation de « problème comportemental », nécessitant une réponse réglementaire et technique adaptée.
La mise en œuvre de ces nouveaux outils de mesure vise à responsabiliser tous les acteurs du transport routier. Le gouvernement aspire à transformer ces exigences techniques en un levier durable pour protéger les vies humaines sur les routes.
