
La vignette automobile, taxe en attente depuis 1978.
En Belgique, l’idée d’instaurer une vignette auto est discutée depuis 1978. Cette vignette coûtera entre 90 et 125 euros par an et n’est pas présentée comme une taxe supplémentaire.
La vignette routière, on en parle depuis 1978
Il est facile de qualifier un accord de « historique ». Souvent, ce terme est utilisé pour mettre en lumière la signification d’un accord important, mais sans lien direct avec l’Histoire. Cependant, cet accord mettant en place une vignette automobile entre les trois régions belges est réellement historique au sens propre. En Belgique, l’idée est évoquée depuis 1978. À cette époque, les automobilistes circulaient dans des 4L et écoutaient Michèle Torr chanter « Emmène moi danser ce soir » à la radio.
Il est légitime de se demander pourquoi il a fallu près de cinquante ans pour qu’une telle vignette soit mise en œuvre. La première raison réside dans le tollé provoqué parmi les automobilistes contribuables. Le deuxième choc pétrolier de 1979 a fortement refroidi les ardeurs des élus. Les gouvernements successifs, qu’il s’agisse de Martens-Gol ou Dehaene, ont préféré recourir à d’autres impôts tels que les accises, la taxe de circulation, la TVA, tout en augmentant les cotisations sociales et la fiscalité sur le travail.
De plus, il y a un autre élément à considérer : la Belgique est devenue fédérale. La gestion des routes et de la fiscalité automobile a été transférée aux régions. Il est devenu impossible pour les trois régions de parvenir à un accord.
Surtout ne dites pas le mot « taxe »
Face aux problèmes budgétaires, les trois régions ont finalement trouvé un accord. Cette vignette coûtera entre 90 et 125 euros par an, mais elle n’est pas présentée comme une nouvelle taxe. En Wallonie, la coalition MR-Les Engagés a sollicité ses stagiaires en communication pour assurer que cette vignette « n’était pas une nouvelle taxe », que « les Wallons ne paieraient pas un euro de plus » et qu’elle était destinée à faire payer « les automobilistes étrangers ».
Cependant, les règles de l’Union européenne interdisent une taxe qui ne s’appliquerait qu’aux autres Européens. L’Allemagne a déjà rencontré des difficultés sur ce point et a dû adapter son système. Le mécanisme de compensation n’est pas encore précisé en Wallonie et à Bruxelles. En revanche, en Flandre, cette compensation, qui sera réalisée par une refonte de la taxe de circulation, ne sera pas intégrale. Ainsi, la moitié des automobilistes paiera plus cher qu’actuellement. Dans cette région, il s’agit donc bel et bien d’une nouvelle taxe.
Ce n’est que le début pour les automobilistes
Peut-on réellement croire que les automobilistes de Bruxelles et de Wallonie ne finiront pas par payer plus cher ? Cela semble peu probable. Dans un premier temps, il est possible que la compensation fonctionne. Toutefois, compte tenu des difficultés budgétaires du sud du pays, il est presque inévitable qu’une augmentation de la fiscalité automobile se profile à l’horizon. La raison en est simple : avec l’essor des véhicules électriques, l’État perçoit de moins en moins d’accises.
Cette nouvelle vignette numérique, fonctionnant grâce à la reconnaissance des plaques d’immatriculation par caméra, pourrait ouvrir la voie à une taxation au kilomètre, comme pour les poids lourds. Nous en rediscuterons probablement dans moins de cinquante ans. C’est quasi certain.
