Belgique

La revue de presse : lendemain de fête nationale et performances noir-jaune-rouge économiques et sportives

Ce 21 juillet a révélé une « image étrange« , selon le quotidien Het Laatste Nieuws, celle du roi Philippe aux côtés de Bart De Wever lors du défilé militaire. Le Roi se trouve aux côtés du nationaliste flamand qui aspire à la fin de la Belgique. Autrefois en opposition sur de nombreux sujets, ils sont aujourd’hui devenus des « partners in crime« .

Le quotidien ne doute plus que la Belgique atteindra son 200e anniversaire. Étonnamment, cela est en partie dû à De Wever. En tant que Premier ministre, il a contribué à faire de la Belgique l’un des pays les plus stables d’Europe.

Cependant, cela ne doit pas occulter un problème majeur : le déséquilibre de nos finances. « Alors que le pouvoir fédéral a à peine assez d’argent pour remplir ses missions essentielles, les régions se prélassent dans un luxe relatif. Elles sont si à l’aise qu’elles peuvent distribuer des primes pour les voitures électriques ou devenir actionnaire principal de l’aéroport de Bruxelles. Le niveau fédéral porte toutes les charges lourdes, les entités fédérées profitent surtout des avantages« .

Plutôt que de mettre en avant les problèmes, De Tijd souhaite attirer l’attention sur les solutions. Le quotidien met en lumière des réussites économiques belges : trois entreprises en croissance qui, si elles étaient plus nombreuses, faciliteraient « la gestion de bien des problèmes de ce pays« : Aikido, Coultreon et Keyrock.

De Tijd propose de demander à 100 personnes dans la rue si ces noms leur évoquent quelque chose. Il est fort probable que la réponse soit négative. « Et pourtant ce trio signe les trois plus grandes levées de capitaux du premier semestre par de jeunes entreprises belges à forte croissance. Ensemble, elles ont récolté 258 millions d’euros« . C’est une bonne nouvelle, selon De Tijd, pour des entreprises actives dans des secteurs innovants tels que la biotech, la crypto et la cybersécurité. Cela leur offre des perspectives de croissance et de création d’emplois, y compris dans notre pays. Le fait que ces entreprises en croissance soient encore si peu connues du grand public en dit long sur notre rapport au risque et sur la façon dont nous valorisons l’entrepreneuriat dans notre société. Entreprendre est encore trop souvent perçu comme un enrichissement rapide, avec des piscines, des voitures de luxe et du mauvais goût. En réalité, une économie en croissance simplifie tout, estime le quotidien économique : elle facilite le financement des pensions, la maîtrise de la dette publique, et permet davantage d’investissements dans l’enseignement, la défense et les soins de santé sans avoir à augmenter les impôts. De Tijd appelle à la création de davantage d’entreprises telles que Coultreon Biopharma, Aikido ou Keyrock.

Un autre fleuron belge est à l’honneur : Remco Evenepoel a remporté la 16e étape du Tour de France mardi. Het Nieuwsblad commente les contrôles antidopage effectués en marge de la compétition, qui ont suscité une polémique. Lorsqu’un contrôle inopiné a réveillé un coureur en pleine nuit, cela a provoqué un tollé, au sujet du temps de repos et de récupération nécessaire pour des sportifs soumis à une épreuve aussi difficile qu’un Tour de trois semaines.

Est-ce que cela va trop loin ? Oui, répond le quotidien. Est-ce que c’est contrariant ? Sans doute. « Mais si cela permet d’éviter que le sport ne replonge dans ses années sombres, alors faisons-le, et sans hésiter« . Personne ne souhaite revivre cette période de 1999 à 2005, lorsque l’on a découvert que Lance Armstrong était dopé et qu’il est tombé irrémédiablement de son piédestal. « Au coureur qu’on tirera encore de son lit en pleine nuit pour un petit pipi : pensez-y avant de vous mettre à pester. Somme toute, c’est un petit prix à payer pour un sport propre« .

Le sport est également au cœur de l’édito de La Dernière Heure, qui s’interroge sur le départ de Rudi Garcia. Pourquoi l’Union belge n’a-t-elle pas prolongé le contrat du sélectionneur des Diables rouges ? Le Français avait pourtant rempli toutes ses missions, notamment atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde.

Son départ soulève des questions, estime La Dernière Heure. D’ordinaire, on ne remercie pas un manager qui a atteint ses objectifs. Pourquoi l’Union belge a-t-elle choisi de se séparer de Rudi Garcia ? Sans explication, de surcroît. Faut-il y voir une question communautaire, alors qu’hier encore on célébrait la Belgique ? « Un entraîneur français à la tête d’une sélection où l’influence néerlandophone est forte dérange-t-il encore ? Espérons que la réponse soit non…«