
Karine Viseur réagit : « Je veux arrêter de me sentir sale » après l’inculpation de Patrick Bruel.
Patrick Bruel a été inculpé pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, et est ressorti libre sous contrôle judiciaire du tribunal de Nanterre mercredi soir. Les faits retenus se sont produits entre 2008 et 2019 en France et en Belgique, et incluent la plainte pour agression sexuelle de Karine Viseur, requalifiée en tentative de viol.
Le chanteur et acteur Patrick Bruel, visé par plusieurs plaintes de femmes pour violences sexuelles, a été libéré sous contrôle judiciaire mercredi soir par le tribunal de Nanterre, échappant ainsi à la détention provisoire demandée par le parquet, a déclaré l’une de ses avocates, Fanny Colin. Plus tôt dans la soirée, il a été inculpé pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel.
Karine Viseur, attachée de presse belge et plaignante, se dit soulagée : « Je me dis déjà que la justice a fait son travail, qu’on a été entendue. Et en plus, on est également soutenue, étant donné qu’il y a cette mise en examen. Donc je suis sereine pour l’évolution des choses. »
Les faits reprochés se sont déroulés entre 2008 et 2019 en France et en Belgique, parmi lesquels figure la plainte pour agression sexuelle de Karine Viseur, requalifiée en tentative de viol selon le ministère français de la Justice. Elle avoue avoir été surprise par la rapidité des événements et pense que la médiatisation de l’affaire a joué un rôle clé.
« Quand j’ai appris sa garde à vue, j’ai été surprise. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit avant l’été », confie Karine Viseur. Elle souligne également l’impact positif du travail de visibilité qu’elles ont réalisé, elle et Flavie Flamant, qui ont aidé à faire avancer l’affaire.
La parole de Karine Viseur est enfin entendue par la justice 16 ans après les faits : « C’est une étape essentielle dans ma motivation à poursuivre », explique-t-elle. Actuellement, elle n’a pas d’informations supplémentaires sur le dossier, annonçant un rendez-vous avec son avocat pour discuter de l’avancement des plaintes, dont quatre sur treize ont été mises en examen.
Bien qu’elle ait su que sa plainte était prescrite, elle ne s’attendait pas à ce que celle-ci soit retenue, se réjouissant de la décision de la justice. Néanmoins, elle est consciente que le parcours sera long, notant qu’on évoque un délai de un à dix-huit mois pour le procès. « Le chemin va encore être très long c’est certain », ajoute-t-elle.
Karine Viseur souligne aussi le poids de la pression médiatique et sociale qu’elle ressent, confiant que sa vie a été perturbée par ces événements, et déplorant une campagne de haine sur les réseaux sociaux à l’encontre des plaignantes. « C’est infect à vivre. Les fans n’ont aucune empathie, pas une once de soupçons sur Patrick Bruel. Ça se transforme en acharnement contre les plaignantes », précise-t-elle.
Elle espère que les décisions judiciaires calmeront les attaques, malgré des doutes sur l’impact de celles-ci sur certains fans. Concernant la détention de Patrick Bruel, elle ne souhaite pas porter de jugement, exprimant que la justice a son rôle.
Karine Viseur croit également que cette décision incitera d’autres femmes à prendre la parole, affirmant qu’il y a encore beaucoup d’autres cas à révéler. À présent, elle se prépare à l’avenir et à une audition par la justice française à venir.
Patrick Bruel, qui conteste toutes les accusations, a annoncé l’annulation de la plupart des dates de sa prochaine tournée, prévue pour débuter à Paris avant de se poursuivre dans des festivals.
